» L’Eloge de la Folie « 

 » Les hommes parlent souvent de moi

et je sais bien toutes les horreurs qu’ils disent

— y compris les plus fous — sur la Folie. «  

  »L’Eloge de la Folie » d’Erasme

(Traduction : J-C Saladin)

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Mieux vaut être fou que de se croire sage et apte à juger autrui.

Le Fou du Roi n’a généralement la considération de personne et est souvent relégué au rang de pitre.

C’est pourtant lui qui voit l’invisible, qui frôle l’intouchable, qui évoque l’innommable et qui ne fait qu’un avec le grand Tout.

Un fou doit être bien courageux – ou heureux d’être fou – s’il ne sent pas ce jugement qui plane sur lui.

Revivre perpétuellement le jour du jugement dernier (infligé par vos pairs) – dans l’espoir qu’un jour ils cesseront la torture – est un leurre.

Vous qui ne faites pas encore chair avec votre Folie, apprenez à faire rire tous vos bourreaux

plutôt que de subir cet éternel recommencement et de vous plier tristement à leurs faux entendements.

Ce n’est pas une belle vie que de se voir torturé(e) et tué(e) ainsi à petit feu, regardant chaque matin – d’un air épouvanté

le crin retenant l’épée au-dessus de votre tête, ce poids suffocant d’une opinion de masse

qui se nourrit de vos peurs et de vos doutes pour vous interdire d’exister.

Ne pliez donc pas sous le joug de ce schéma de pensée fatigué et délabré,

défendu ardemment par ceux que l’on nomme les « bien pensants » et qui s’imaginent détenir les clés de la Vérité.

Cessez donc d’accorder du crédit à ces tristes pantins arrogants qui ne font que guetter vos moindres faux pas.

Ces esprits inhabités – face à leur propre vide – cherchent désespérément un moyen de ne pas éprouver leur ennui.

Ô Etres à l’esprit hautement cartésien, Ô êtres à la morale inébranlable, vous qui prônez la bienséance,

vous qui vous croyez au-dessus de la fange à regarder avec mépris d’un air outragé ceux ou celles

qui refusent d’appartenir à cette mascarade à laquelle vous seuls croyez,

cessez donc de vous complaire à juger les faits et gestes du monde entier,

quittez donc, le temps d’une danse, cette prison dorée que vous avez créée pour vous-même,

ce semblant de réalité dont l’homme a accouché afin de ne pas se confronter

à ses contradictions et à ce qu’il nomme sa part d’ombre.

Quittez donc cet enclos poussiéreux depuis lequel – loin de ce que vous nommez vice et folie – vous pensez effleurer la lumière du génie.

Celui qui déclare son voisin fou sans voir sa propre folie, est un pauvre d’esprit.

Que celui-là regarde en lui -même et identifie cette part de folie qu’il a si fortement réprimée, avant que celle-ci

- dirigée par un inconscient un peu trop volage – ne vienne nuire à son entourage.

Quittez donc cette dimension où l’Homme se prend pour Dieu

et venez visiter cette contrée pas si lointaine où les Fous sont Rois.

Et si votre entendement ne saisit pas mon propos,

c’est que vous n’êtes pas assez sage ou trop illuminé pour être éclairé.

 

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Le Livre des Coïncidences

« Il existe un moyen de regagner la joie et l’enthousiasme d’un potentiel infini.

Tout ce qu’il faut pour cela est une compréhension de la véritable nature de la réalité,

le désir de reconnaître l’interconnexion et l’inséparabilité de toute chose. »

Le Livre des Coïncidences – Deepak Chopra

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Je traverse en ce moment une période assez surprenante de ma vie où tout semble se mettre en parfaite corrélation autour de moi.

Intriguée par ce phénomène dit de « synchronicité » qui m’accompagne jour après jour – depuis plusieurs semaines déjà -

j’ai eu envie d’étudier la question ; c’est ainsi que j’ai découvert  »Le Livre des Coïncidences » de Deepak Chopra .

Peu importe l’avis négatif qu’ont certains sur son travail, je suis disposée à écouter sur un même pied d’égalité le point de vue d’un prix nobel comme celui d’un criminel.

Par ailleurs, plus les années passent et plus il m’est difficile d’émettre une opinion globale et indélogeable sur une personne ou sur son oeuvre car je ne supporte pas qu’on le fasse avec moi.

J’accepte volontiers d’adhérer à certains passages de son livre et d’en négliger d’autres, j’ai confiance au fait que ce qui doit faire écho fera écho et le reste suivra tranquillement son chemin. Je souffre d’entendre parfois les gens émettre certaines opinions comme si elles étaient des vérités immuables et j’essaie d’appliquer à moi-même ce que je ne peux infliger aux autres, c’est à dire de ne pas avoir nécessairement d’opinion sur tout et d’essayer ainsi de rester ouverte à l’expérience et de laisser transparaître une vérité un peu plus transcendantale que la houle et l’écume de ma pensée quotidienne.

La vie est un mystère absolu et tandis que je vois autour de moi les gens vieillir et se raidir dans des convictions ou du scepticisme,

je me sens au contraire de plus en plus ouverte et ébahie face à ce mystère qui m’entoure et qui m’habite.

La vie est un immense terrain d expérimentation. Je suis mon propre cobaye et j’observe tous les jours, inlassablement, ce qui m’échappe.

Je puise dans tout ce que je peux pour essayer de percer le mystère de la vie, de l’humain, mais parfois j’observe le simple fait d’être. Et d’appartenir à ce Tout.

Ce sont ces allers-retours entre le compréhensible et l’incompréhensible, le palpable et l’impalpable qui me permettent parfois de me glisser

au delà du principe de dualité dont nous sommes si friands. Et qui est pourtant si destructeur pour l’humanité.

Depuis toujours, la justice et la vérité sont une obsession chez moi. En ce qui concerne la justice, bien que la colère me monte très rapidement face à une situation qui me semble injuste,

et qu’il m’est arrivé de nombreuses fois de plonger dans un désarroi absolu face la cruauté de certaines situations, j’ai compris que je ne pouvais malheureusement pas grand chose à cela,

hormis le fait de ne pas créer de drames inutiles ou de ne pas prolonger une expérience difficiles en un souvenir douloureux.

Quand à ma quête de la vérité, depuis que je me sens plus en accord avec mon être interieur – mes envies, mes contradictions, mes limites, mes rêves, mes absences, ma vibration,

ma présence au monde, ma voix, mon corps, mes fragilités, ma folie, ma sagesse – je continue d’essayer de comprendre ce qui nous relie les uns aux autres, ce qui nous dépasse et des éléments de réponses semblent me parvenir.

Après avoir connu des années d’errance à me sentir seule et incomprise, de ne pas voir la lumière au bout du tunnel, je réalise que cette lumière était toujours là et que cette lumière est aussi la pénombre et que nous sommes tous cette lumière et cette pénombre. Or nous vivons inlassablement dans un monde divisé qui nous morcèle, je parle de celui que nous avons créé, et qui nous tire vers la gravité, l’ennui ou le « vide ». Comprendre le monde réel (non pas l’illusion dans laquelle nous vivons mais le monde tel qu’il est) me demande certes de l’analyse, de la réflexion, mais surtout du lâcher prise, du recul sur ce que j’ai toujours connu, sur ce qui m’a toujours été inculqué. Je me dois d’effectuer un nettoyage interieur régulier de mon intellect afin qu’il ne pollue pas la pureté du processus d’observation et d’expérimentation par des interprétations désuètes.

Mais j’ai une chance inouïe, celle d’avoir une conscience aiguisée. Depuis mon plus jeune âge, je sens que quelque chose est, sans que j’ai à faire quoi que ce soit.

Mais voilà, lorsque l’on est enfant et que l’on constate que notre compréhension du monde n’a rien à voir avec ce qui est vécu par l’entourage, le premier réflexe est de se dire qu’on est fou – ou bête. Or aujourd’hui, ce que j’étais enfant « sans faire exprès » reviens en très grande force balayer des années de travail à essayer de me cacher, de me déguiser en tel ou tel personnage social, en telle ou telle image de la femme, en telle ou telle image de l’humain (ex : je suis une intellos, je suis une femme enfant, je suis une fille de bourgeois, etc …).

Une sorte de simplicité et de franchise vient s’emparer de mon rapport intime entre moi et moi, je ne sens plus de jugement ni de scission à l’intérieur de moi

et lorsque je l’éprouve, je peux enfin déterminer à quel point cette scission est le fruit de mon imagination et du jugement dans lequel nous baignons malgré nous en permanence.

Ce monde que nous avons créé et qui peut parfois rendre fou et malhonnête vis à vis de notre Dieu intérieur, nous devons apprendre à en faire partie sans le faire nôtre.

En abordant « Le Livre des Coïncidences » de Deepak Chopra, je craignais encore une interprétation erronée du monde, ces schémas habituels de grands penseurs un peu incompréhensibles

ou tellement limpides qu’ils sont tombés dans une forme de vulgarisation et résolution simpliste de nos éternelles interrogations.

Car comment parler d’une vérité qui n’est pas saisissable, verbalisable, quantifiable, qui ne peut même pas être située entre l’infiniment grand et l’infiniment petit ?

Je conçois que certains scientifiques ne supportent pas la vulgarisation de leurs travail, étant donné que l’on aborde des sujets tels que la physique quantique

et que l’on envisage l’espace temps au delà de sa vision habituelle tridimensionnelle ; cet éternel conflit entre rendre le raisonnement  accessible à tous mais vulgariser le propos

ou tenir un discours opaque et avoir le sentiment que seule une élite cultivée peut comprendre et que donc cela fait sens… De ma petite expérience, les gens les plus intelligents et incroyables que j’ai rencontrés étaient limpides dans leurs discours mais mystérieux ; ouverts, accessibles mais insaisissables.

Et ils communiquaient ce mystère au delà des mots, dans leurs yeux, leur sourire, leur respiration.

Je trouve dommage qu’il existe encore une telle scission entre la Spiritualité et la Science.

Il est pourtant évident que nous réfléchissons tous sur les mêmes sujets de fonds, il serait temps de nous prendre la main pour aller plus loin.

Sans rappeler que les grands penseurs d’autrefois avaient justement plusieurs cordes à leur arcs afin d’être plus à même de cerner le mystère de la vie.

Fort heureusement un phénomène de mode aujourd’hui favorise l’échange entre les scientifiques, les artistes, les sportifs et les grands penseurs.

Ceux qui cherchent des réponses par l’instinct et le corps de façon empirique peuvent désormais échanger avec ceux qui élaborent des théories par le biais de leur esprit et de leur imagination. Les médecins travaillent de pair avec les magnétiseurs dans la guérison du cancer, les scientifiques étudient les fréquences musicales avec l’aide des artistes, etc… Certains diront qu’une vulgarisation de ces sujets complexes rend l’échange inutile ou erroné du fait qu’il y a un discours biaisé dès le début même de l’échange. Mais tout discours est biaisé puisque nous utilisons tous des mots pour nous exprimer et que nous en avons chacun une interprétation qui nous est propre et un degré de réactivité à certain d’entre eux qui n’est pas le même. Je ne peux donc pas être en accord avec cette critique (ou cette crainte) car j’observe dans le domaine de la création que le mystère qui nous échappe n’est pas loin de nous mais en nous, et que nous partageons tous un langage commun, au delà des mots. Ce langage commun peut être pressenti lorsque plusieurs grands penseurs / voyageurs communiquent entre eux, il faut simplement avoir l’intelligence de ne pas nous arrêter sur les termes employés qui sont – je le rappelle – de maigres supports comparativement à l’échange non verbal que nous avons tous les uns avec les autres.

Les mots cloisonnent, les mots emprisonnent, les mots figent et formatent nos esprits.

                     Ceci est un arbre.

Désormais, lorsque je vois un arbre je me dis « voici un arbre » mais que signifie « arbre » ? La sonorité du mot nous donne déjà une impression erronée de l’objet.

Et le fait de définir l’objet nous coupe de sa saveur ou de la vibration qui en émane. Et un arbre est – il similaire à un autre arbre ? Non, l’expérience est à chaque fois nouvelle.

Et même avec le même arbre l’expérience est nouvelle à chaque instant puisque tout est en mouvement tout le temps, je ne suis donc jamais face à la même expérience,

et mon corps change aussi à chaque seconde donc même si l’arbre restait inchangé, mon expérience serait différente puisque je suis en évolution permanente

et que j’appartiens également à ce mouvement permanent de tout.

Il n y a que mon esprit qui cloisonne – et mon instinct de survie qui s’abrite inlassablement dans ce qu’il connaît. Dans ce qu’il croit connaitre.

Puisqu’à défaut de savoir nous ne pouvons que croire, autant croire à ce qui nous permet de créer un champ large d’expérimentation.

Mais voilà, cela peut être interprété de tant de façons différentes. Tout cela n’a aucun sens si l’expérience vécue n’est pas reliée à notre être profond.

Tant de gens vivent sans se sentir vivants. Tant de gens se retiennent de vivre. Tant de gens vivent en dehors du rythme naturel des choses, refusant l’arythmie.

Ne voyant pas l’incroyable rythme de l’univers derrière ce semblant d’arythmie.

Il y a quelque chose en moi qui observe et qui est porteur de vérité, depuis le début de ma quête.

Il y a quelque chose en moi qui vit, malgré moi. Je pourrais l’ignorer. Je l’ai déjà fait… Je peux vivre avec aussi. Décider de lui faire confiance.

Tout ce que je fais, tout ce que je m’empêche de faire – sans le prendre en considération – peut me mener à ma perte.

N’entends tu pas la petite voix en toi qui te dis  » Lâche, oublie, relâche, accepte, découvre, chante, danse, aime, vis. »

Le chemin intérieur est le seul qui importe.

C’est une obsession que j’ai depuis toujours.

Tout ce qui ne sort pas de ma compréhension charnelle et spirituelle du monde ne m’intéresse pas;

Une théorie m’intéresse si je la lis après l’avoir expérimentée dans ma vie.

Mais je ne peux en aucun cas adhérer à quelque chose de conceptuel puis le faire mien.

Ou bien je le fais par jeu. Ou parce que je me suis abandonnée. Ou bien parce qu’il faut passer par là pour relâcher ensuite. Je pense à la théorie musicale.

Mais au fond, il y a ce guide qui est là et plus je lui fais confiance plus ma vie semble prendre une tournure qui m’échappe mais qui me rend heureuse.

Et les synchronicités s’enchaînent les unes après les autres. Et j’appartiens à ce miracle quotidien, sans aucun effort.

Le rapport à la tristesse aussi à évolué. Je ne retiens plus. Je suis triste, je pleure. Je veux mourir, je le crie aux nuages.

Puis je reviens dans un état de quiétude assez rapidement. Car finalement j’avais simplement besoin de crier, de m’exprimer, d’accepter le nuage qui me traversait.

Il est difficile de concevoir nos paradoxes, encore plus de concevoir ceux qui constituent la sève de notre existence.

Dans ma quête de vérité, je me suis vite retrouvée prisonnière de schémas. Et je croyais être en dehors alors que j’était en plein dedans.

Peut être que même aujourd’hui – à l instant où je vous parle – je crois que je suis en dehors alors que je suis dedans – ou à côté.

La liberté n’est pas de faire ce que je veux quand je le veux. La sagesse n’est pas de se couper du monde.

La contemplation n’est en aucun cas une forme de passivité. L’action n’est pas nécessairement de l’expérimentation.

La générosité  ne signifie pas  de tout donner. L’intelligence n’est pas d’être cultivé ou intellectuellement irréprochable.

Dieu que je m’ennuie face à un esprit qui semble avoir fait le tour de lui même et qui s’en satisfait.

Pour être honnête, cela m’attire dans un premier temps. Le fantasme d’avoir tout saisi, tout compris.

Cela rassure la petite fille insécure qui est en moi et qui toque parfois au carreau de ma fenêtre intérieure « hey je suis là, rassure moi.  »

Puis cela m’ennuie. Car je sais que la vie est bien plus vaste. Vaste et si proche de moi, en moi, autour de moi. Et ce qui est rassurant est bien plus grand,

bien plus enveloppant que nos maigres repères élaborés. Malgré le fait qu’on ne puisse pas le verbaliser. C’est ainsi que j’imagine le vrai Amour.

Parfois,  je me sens en connexion avec monde entier,  je me sens pleine, entière, rassasiée. Et si proche de tout et de tout le monde.

Mon coeur est inondé et je me sens comme étant la soeur de tous les humains, animaux, végétaux, objets en plastiques en bois ou en papier, je ne fais qu’un avec l’air , la mer, la pluie…

Puis je retourne à mes pensées. Ou à mon absence de pensée. Je noie mon esprit dans des sujets de pacotilles. Je lui fais croire qu’il réfléchit.

Mais en réalité je frôle le mystère de la vie à chaque seconde de mon existence.

Je vis cela comme une bénédiction, jour après jour, et même si parfois il m’arrive encore de vouloir disparaître et ne plus appartenir à ce monde malade car scindé de toutes parts,

je reviens doucement à moi, à cette quiétude intérieure et je retrouve ma route, je continue d’arpenter mon chemin.

Depuis que j’ai arrêté de me considérer comme un être unilatéral, je vis chaque instant de ma vie comme un extraordinaire voyage.

J’habite depuis 12 ans dans le même appartement et pourtant c’est un des lieux dans lequel j ai l’impression d’avoir le plus voyagé de toute ma vie.

Ma demeure intérieure est précieuse. Je la chéris. Et si parfois je me sens vide ou seule, c est parce que mes yeux sont bandés. L’amour est là. Partout.

J’aime sans réfléchir et sans plus exiger de retour.

Alors que faire quand mon coeur me pousse vers une personne et que mon esprit me dit « c’est lui, c’est l’homme de ta vie », suis-je encore dans un leurre ?

Ou existe-t-il réellement des âmes auxquelles nous sommes connectés à tout jamais ?

Je voudrais partir au bord de l’océan, m’asseoir et regarder les vagues par milliers naître et mourir à mes pieds.

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« Il n ‘y a vraiment aucune frontière entre nous-mêmes et tout le reste du monde. »

 

 

 

 

Je vais vous dire une chose étrange. Lorsqu’une personne autour de moi disparaît, je me sens plus proche d’elle que lorsqu’elle est vivante.

De notre vivant, nous avons nos objectifs, nos impératifs, nous sommes divisés en mille morceaux et nous scindons notre rapport aux autres.

Lorsqu’une âme est libérée de cela, je la sens plus proche de moi.

 

 

Le Sentiment d’Insécurité

« La pensée est plus riche quand elle est humaine, c’est-à-dire ambiguë »

Entretien avec Jeanne Hersch

 » Destruction d’un coeur  » – S. Zweig

Extraits de la nouvelle : Destruction d’un coeur

 

- « Oui, vous avez raison, chiens que vous êtes ; oui, vous avez raison, si elles courent après vous, ces femmes en chaleur, ces femmes indignes… Que vous importe qu’un autre en ait le coeur brisé. Pourvu que vous y trouviez votre amusement : pourvu qu’elles y trouvent leur amusement, ces femmes éhontées… On devrait vous cravacher jusqu’au sang … On devrait vous abattre à coups de revolver…

Mais vous avez raison, tant que personne ne fait rien …Tant qu’on se contente de ravaler sa colère, comme un chien son vomissement … Oui, vous avez raison, si l’on est lâche à ce point, d’une lâcheté si écoeurante… Si l’on ne va pas empoigner l’impudente par le bras et vous l’enlever de force… Si l’on se borne à rester là, muet, la bile à la bouche, lâchement… lâchement … lâchement . »

 

- « Et moi, moi, je tolère tout cela … Je suis là, assis à côté d’eux, je les entends rire, je ne comprends rien à ce qu’ils disent, et, pourtant, je reste là, sur mon siège, au lieu de lever mon poing sur eux et de les assommer …  Oui, au lieu de les écraser avec mon gourdin et de les séparer violemment, avant qu’ils ne commencent à s’accoupler devant mes propres yeux … Je permets tout cela, je reste là, assis, muet, stupide, lâche… lâche… lâche… »

 

- « Ce n’est que sous l’effet du vide se produisant soudain autour de lui qu’il sortit de sa torpeur, comme un dormeur qui se réveille effrayé par la sensation du froid, lorsque, la nuit, la couverture a glissé du lit, et qu’un courant d’air frais passe sur le corps découvert.

Involontairement, le regard du vieillard s’accrochait lourdement aux sièges abandonnés ; mais voilà que déjà tout près, dans le salon de musique, un jazz saccadé et entraînant se mettait à déferler avec violence, et il entendit des rires et des cris d’encouragement. Ils dansaient, à côté. Oui, danser, toujours danser, pour cela elles étaient fortes ! Toujours s’exciter le sang, toujours se frotter lascivement les uns aux autres, jusqu’à ce que le rôti soit cuit ! Danser, le soir, la nuit, en plein jour, c’est avec cela que ces oisifs, ces paresseux appâtaient les femmes. »

 

-  » Mais personne n’était là pour l’aider. Personne. »

 

 » Cependant, quand ai- je donc vécu ?… Vécu, pour moi, pour moi-même ? … Quelle vie ai-je donc menée, toujours uniquement occupé d’amasser de l’argent, de l’argent, de l’argent ? … Toujours rien que pour les autres, et maintenant, à quoi cela me sert – il ? … J’ai eu une femme, je l’ai prise jeune fille, j’ai ouvert son ventre et elle m’a donné un enfant ; pendant des années et des années, on a respiré d’un même souffle, dans le même lit, et maintenant, où est-elle, maintenant ? Je ne reconnais plus son visage, je ne reconnais plus sa voix … Elle me parle comme à un étranger, et elle ne pense jamais à ma vie, à tout ce que j’éprouve, que je souffre et que je pense. Il y a déjà des années qu’elle m’est devenue tout à fait étrangère … Comment cela s’est – il fait ? Où est notre passé ? … Et l’on a eu un enfant … Je l’ai vu grandir : j’ai cru que c’était là une seconde vie qui commençait, plus claire et plus heureuse que celle qu’on a vécue soi-même, et qu’ici bas, on ne meurt pas tout entier …

Et voilà que la nuit cet enfant s’éloigne de vous et va se jeter dans les bras des hommes … Je ne mourrai que pour moi-même, que pour moi-même, car pour les autres, je suis déjà mort. Mon Dieu, jamais je n’ai été aussi seul… »

 

- « Je ne suis qu’une chair douloureuse »

 

-  « Cependant, il y avait là quelque chose qui couvait et se corrompait silencieusement en lui, quelque chose qui commençait à mourir. Tout ce qu’il avait vécu, tout ce qu’il avait aimé, passait dans cette flamme à la lente combustion, brûlait -noir et fumeux- avant de tomber effrité et carbonisé, dans les cendres tièdes de l’indifférence.

Quelque chose s’accomplissait, tandis qu’il était ainsi couché et que, furieusement, il passait en revue son existence. Quelque chose touchait à sa fin. Qu’est ce qui se passait ? Il était là, à guetter et à épier en lui-même.

Et peu à peu commença la destruction de son coeur.  »

 

- « Ce qui, tout à l’heure, battait et le déchirait, cet atroce mouvement d’horlogerie était maintenant silencieux dans sa poitrine. Il s’était sans doute brisé. Rien ne tressaillait, en lui. (..) Aucun colère, aucune haine … Rien … Rien … Il boutonna tranquillement ses vêtements, descendit avec précaution l’escalier et alla s’asseoir à la table où étaient les siens, comme si c’eût été des étrangers.  »
 

 » L’individualité est donnée par l’existence. La personnalité est imposée par la société. » – Osho

« L’image que nous avons de nous-même ne vient pas de notre expérience directe mais de l’opinion des autres.
Une « personnalité » imposée de l’extérieur remplace l’individualité qui aurait pu croître de l’intérieur.
Le moment est venu d’agir pour vous libérer de ce que les autres vous ont conditionné à croire sur vous-même. Dansez, courez, prononcez des paroles sans queue ni tête, faites tout ce qui est nécessaire pour réveiller le lion qui dort en vous. »

 » Vous portez vos blessures. Du fait de votre ego, votre être tout entier est une blessure et vous la portez partout où vous allez. Personne ne cherche à vous blesser, personne n’est dans l’attente de vous faire du mal ; chacun est occupé à protéger ses propres blessures. Qui aurait assez d’énergie ? Mais cela arrive tout de même parce que vous êtes tellement prêt à être blessé, tellement prêt, dans l’attente des coups.
Vous ne pouvez pas toucher l’homme de Tao. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a personne pour être touché. Il n’y a aucune blessure. Il est sain guéri, entier. Le terme anglais « whole » – entier est très beau et le mot « heal » – guérir ainsi que le mot « holy » – saint ont la même racine, « whole ». L’homme de Tao est entier, sain et saint.
Soyez conscients de votre blessure. Ne l’aider pas à croître, laissez-la se guérir et elle ne sera guérie que lorsque vous irez à sa racine. Moins votre mental interviendra, plus vite votre blessure guérira ; sans mental, pas de blessure. Vivez une vie sans tête. Allez et acceptez les choses comme elles sont.
Pendant vingt-quatre heures seulement, essayez – une acceptation totale, quoi qu’il arrive. Quelqu’un vous insulte, acceptez le, ne réagissez pas et voyez ce qui se passe. Soudain vous éprouverez un flot de vitalité que vous n’aviez jamais ressentie auparavant. »

Osho The Empty Boat Chapter 10

 

« La seule chose qui ne change jamais dans ce monde est le changement. » – Osho

Il serait peut – être temps de se détendre …

Gautama Bouddha :  » Soyez votre propre lumière « 

Trouver la lumière qui émane de notre interieur. Ne pas attendre que quiconque vienne tourner l’interrupteur.

On ne trouve aucune joie durable à la déresponsabilisation.

Tout en sachant que mon Moi n’est autre qu’un puzzle géant de bribes d’êtres croisés sur ma route.

En étant dans la recherche de la singularité, et en restant dans l’acceptation d’un mal et d’un bien en chaque chose, comment peut on admettre d’être Unique sans se croire également Tout ?

 » Si vous avez découvert votre vérité au fond de vous-même, il n’y a alors rien d’autre à découvrir dans toute cette existence. La vérité se manifeste à travers vous. Lorsque vous ouvrez vos yeux, c’est la vérité qui ouvre ses yeux, lorsque vous fermez vos yeux, c’est la vérité qui ferme ses yeux.
C’est l’une des techniques de méditation les plus simple.
Lentement, lentement, tout se met en place avec cette formule simple, il n’y a alors plus besoin de la technique.
Lorsque vous êtes guéri, vous jetez la méditation, vous jetez le médicament. Vous vivez alors en tant que vérité ; vivant, irradiant, contenté, béat, un chant à vous-même. Votre vie tout entière devient une prière sans aucun mot ou mieux de dire, un état de prière, une grâce, une beauté qui n’appartient pas à notre monde terrestre, un rayon de lumière venant de l’au-delà et pénètrant les ténèbres de notre monde. »Le Zen dit que si vous lâchez le savoir – et dans le savoir tout est inclus, votre nom, votre identité, tout, parce que cela vous a été donné par les autres – si vous lâchez tout ce qui vous a été donné par les autres, vous aurez une qualité d’être totalement différente – l’innocence.

Osho The Great Zen Master Ta Hui Chapter 23

 » Regardez autour de vous, tout est nécessaire et tout a sa place. C’est une uni-té organique, personne n’est plus haut et personne n’est plus bas, personne n’est supérieur, personne n’est inférieur. Tout le monde est incomparablement unique. »

Osho The Sun Rises in the Evening Chapter 4

La façon de découvrir qui vous êtes n’est pas de vous comparer à d’autres,
mais de regarder en vous pour voir si vous réalisez votre propre potentiel de la meilleure façon qu’il vous soit possible.

« Lorsque votre être intérieur s’ouvre, il fait d’abord l’expérience des deux directions, la hauteur, la profondeur. Puis peu à peu cette vision se stabilise, alors vous commencez à regarder autour de vous et à rayonner.

Lorsque nous sommes amenés à connaître, par expérience, que le noir et le difficile sont tout autant nécessaire que la lumière et le facile, alors nous commençons à avoir une perspective différente du monde.
En permettant à toutes les couleurs de la vie de nous pénétrer, nous devenons plus intégré. »

« Il y a deux sortes de créateurs dans le monde : l’un travaille avec les objets – un poète, un peintre, ils travaillent avec des objets, ils créent des choses ; l’autre sorte de créateur, le mystique, se crée lui-même. Il ne travaille pas avec des objets, il travaille avec le sujet ; il travaille sur lui-même, son propre être. Et il est le vrai créateur, le vrai poète car il fait de lui-même un chef d’œuvre. « 

Sacha Guitry : « Pense, tout simplement »

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Extrait de sa pièce : Deburau

« …

Sois agité, nerveux, et sois-le follement, mais dans ta loge seulement. Là, tu ne risques rien — c’est pour te soulager.
Ça, c’est pour toi, mais n’oublie surtout pas qu’il faut cesser de l’être en face du danger, que le public ne voie jamais ta mémoire indécise, le souci d’être bon, la peur d’être mauvais, tes espoirs les plus grands, tes craintes les plus folles et quand on a frappé, quand le rideau s’envole, qu’il emporte avec lui tout cela dans les frises.
En scène sois léger, sois simple, sois charmant, surtout ne sois jamais vulgaire, ne sois pas trop intelligent, c’est inutile.
Ne fais que des choses faciles et n’accepte jamais de rôle secondaire. Le public n’est pas exigeant, il faut très peu de choses en somme pour lui plaire, il faut, tu vas voir, c’est un rien,
il faut que sans effort il te comprenne bien.
Fais-toi comprendre et ça suffit, pense tout simplement, la chose est bien facile.
Ce n’est ni malin ni subtil, quand tu veux exprimer qu’une femme est jolie,
Pense qu’elle est jolie et fais n’importe quoi.
Quand tu veux exprimer l’amour ou la folie, la danse, la chanson, le plaisir ou l’effroi,
Pense tout simplement, tu me comprends bien, pense.
Pense à l’effroi, pense au plaisir, à la chanson, pense à l’amour, à la folie ou à la danse
Et gesticule à ta façon, surtout ne singe pas les gestes que je fais.

… »

http://www.dailymotion.com/video/x3c7nv_sacha-guitry_politics

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=I00012554

 

La Solitude

 » (…) Où tu vas j’y serai toujours,

Jusques au dernier de tes jours,

Où j’irai m’asseoir sur ta pierre

Le ciel m’a confié ton cœur

Quand tu seras dans la douleur,

Viens à moi sans inquiétude

Je te suivrai sur le chemin

Mais je ne puis toucher ta main

Ami, je suis la Solitude. »

Extrait de « la nuit de décembre » d’Alfred de Musset.

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