Le Livre des Coïncidences

« Il existe un moyen de regagner la joie et l’enthousiasme d’un potentiel infini.

Tout ce qu’il faut pour cela est une compréhension de la véritable nature de la réalité,

le désir de reconnaître l’interconnexion et l’inséparabilité de toute chose. »

Le Livre des Coïncidences – Deepak Chopra

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Je traverse en ce moment une période assez surprenante de ma vie où tout semble se mettre en parfaite corrélation autour de moi.

Intriguée par ce phénomène dit de « synchronicité » qui m’accompagne jour après jour – depuis plusieurs semaines déjà -

j’ai eu envie d’étudier la question ; c’est ainsi que j’ai découvert  »Le Livre des Coïncidences » de Deepak Chopra .

Peu importe l’avis négatif qu’ont certains sur son travail, je suis disposée à écouter sur un même pied d’égalité le point de vue d’un prix nobel comme celui d’un criminel.

Par ailleurs, plus les années passent et plus il m’est difficile d’émettre une opinion globale et indélogeable sur une personne ou sur son oeuvre car je ne supporte pas qu’on le fasse avec moi.

J’accepte volontiers d’adhérer à certains passages de son livre et d’en négliger d’autres, j’ai confiance au fait que ce qui doit faire écho fera écho et le reste suivra tranquillement son chemin. Je souffre d’entendre parfois les gens émettre certaines opinions comme si elles étaient des vérités immuables et j’essaie d’appliquer à moi-même ce que je ne peux infliger aux autres, c’est à dire de ne pas avoir nécessairement d’opinion sur tout et d’essayer ainsi de rester ouverte à l’expérience et de laisser transparaître une vérité un peu plus transcendantale que la houle et l’écume de ma pensée quotidienne.

La vie est un mystère absolu et tandis que je vois autour de moi les gens vieillir et se raidir dans des convictions ou du scepticisme,

je me sens au contraire de plus en plus ouverte et ébahie face à ce mystère qui m’entoure et qui m’habite.

La vie est un immense terrain d expérimentation. Je suis mon propre cobaye et j’observe tous les jours, inlassablement, ce qui m’échappe.

Je puise dans tout ce que je peux pour essayer de percer le mystère de la vie, de l’humain, mais parfois j’observe le simple fait d’être. Et d’appartenir à ce Tout.

Ce sont ces allers-retours entre le compréhensible et l’incompréhensible, le palpable et l’impalpable qui me permettent parfois de me glisser

au delà du principe de dualité dont nous sommes si friands. Et qui est pourtant si destructeur pour l’humanité.

Depuis toujours, la justice et la vérité sont une obsession chez moi. En ce qui concerne la justice, bien que la colère me monte très rapidement face à une situation qui me semble injuste,

et qu’il m’est arrivé de nombreuses fois de plonger dans un désarroi absolu face la cruauté de certaines situations, j’ai compris que je ne pouvais malheureusement pas grand chose à cela,

hormis le fait de ne pas créer de drames inutiles ou de ne pas prolonger une expérience difficiles en un souvenir douloureux.

Quand à ma quête de la vérité, depuis que je me sens plus en accord avec mon être interieur – mes envies, mes contradictions, mes limites, mes rêves, mes absences, ma vibration,

ma présence au monde, ma voix, mon corps, mes fragilités, ma folie, ma sagesse – je continue d’essayer de comprendre ce qui nous relie les uns aux autres, ce qui nous dépasse et des éléments de réponses semblent me parvenir.

Après avoir connu des années d’errance à me sentir seule et incomprise, de ne pas voir la lumière au bout du tunnel, je réalise que cette lumière était toujours là et que cette lumière est aussi la pénombre et que nous sommes tous cette lumière et cette pénombre. Or nous vivons inlassablement dans un monde divisé qui nous morcèle, je parle de celui que nous avons créé, et qui nous tire vers la gravité, l’ennui ou le « vide ». Comprendre le monde réel (non pas l’illusion dans laquelle nous vivons mais le monde tel qu’il est) me demande certes de l’analyse, de la réflexion, mais surtout du lâcher prise, du recul sur ce que j’ai toujours connu, sur ce qui m’a toujours été inculqué. Je me dois d’effectuer un nettoyage interieur régulier de mon intellect afin qu’il ne pollue pas la pureté du processus d’observation et d’expérimentation par des interprétations désuètes.

Mais j’ai une chance inouïe, celle d’avoir une conscience aiguisée. Depuis mon plus jeune âge, je sens que quelque chose est, sans que j’ai à faire quoi que ce soit.

Mais voilà, lorsque l’on est enfant et que l’on constate que notre compréhension du monde n’a rien à voir avec ce qui est vécu par l’entourage, le premier réflexe est de se dire qu’on est fou – ou bête. Or aujourd’hui, ce que j’étais enfant « sans faire exprès » reviens en très grande force balayer des années de travail à essayer de me cacher, de me déguiser en tel ou tel personnage social, en telle ou telle image de la femme, en telle ou telle image de l’humain (ex : je suis une intellos, je suis une femme enfant, je suis une fille de bourgeois, etc …).

Une sorte de simplicité et de franchise vient s’emparer de mon rapport intime entre moi et moi, je ne sens plus de jugement ni de scission à l’intérieur de moi

et lorsque je l’éprouve, je peux enfin déterminer à quel point cette scission est le fruit de mon imagination et du jugement dans lequel nous baignons malgré nous en permanence.

Ce monde que nous avons créé et qui peut parfois rendre fou et malhonnête vis à vis de notre Dieu intérieur, nous devons apprendre à en faire partie sans le faire nôtre.

En abordant « Le Livre des Coïncidences » de Deepak Chopra, je craignais encore une interprétation erronée du monde, ces schémas habituels de grands penseurs un peu incompréhensibles

ou tellement limpides qu’ils sont tombés dans une forme de vulgarisation et résolution simpliste de nos éternelles interrogations.

Car comment parler d’une vérité qui n’est pas saisissable, verbalisable, quantifiable, qui ne peut même pas être située entre l’infiniment grand et l’infiniment petit ?

Je conçois que certains scientifiques ne supportent pas la vulgarisation de leurs travail, étant donné que l’on aborde des sujets tels que la physique quantique

et que l’on envisage l’espace temps au delà de sa vision habituelle tridimensionnelle ; cet éternel conflit entre rendre le raisonnement  accessible à tous mais vulgariser le propos

ou tenir un discours opaque et avoir le sentiment que seule une élite cultivée peut comprendre et que donc cela fait sens… De ma petite expérience, les gens les plus intelligents et incroyables que j’ai rencontrés étaient limpides dans leurs discours mais mystérieux ; ouverts, accessibles mais insaisissables.

Et ils communiquaient ce mystère au delà des mots, dans leurs yeux, leur sourire, leur respiration.

Je trouve dommage qu’il existe encore une telle scission entre la Spiritualité et la Science.

Il est pourtant évident que nous réfléchissons tous sur les mêmes sujets de fonds, il serait temps de nous prendre la main pour aller plus loin.

Sans rappeler que les grands penseurs d’autrefois avaient justement plusieurs cordes à leur arcs afin d’être plus à même de cerner le mystère de la vie.

Fort heureusement un phénomène de mode aujourd’hui favorise l’échange entre les scientifiques, les artistes, les sportifs et les grands penseurs.

Ceux qui cherchent des réponses par l’instinct et le corps de façon empirique peuvent désormais échanger avec ceux qui élaborent des théories par le biais de leur esprit et de leur imagination. Les médecins travaillent de pair avec les magnétiseurs dans la guérison du cancer, les scientifiques étudient les fréquences musicales avec l’aide des artistes, etc… Certains diront qu’une vulgarisation de ces sujets complexes rend l’échange inutile ou erroné du fait qu’il y a un discours biaisé dès le début même de l’échange. Mais tout discours est biaisé puisque nous utilisons tous des mots pour nous exprimer et que nous en avons chacun une interprétation qui nous est propre et un degré de réactivité à certain d’entre eux qui n’est pas le même. Je ne peux donc pas être en accord avec cette critique (ou cette crainte) car j’observe dans le domaine de la création que le mystère qui nous échappe n’est pas loin de nous mais en nous, et que nous partageons tous un langage commun, au delà des mots. Ce langage commun peut être pressenti lorsque plusieurs grands penseurs / voyageurs communiquent entre eux, il faut simplement avoir l’intelligence de ne pas nous arrêter sur les termes employés qui sont – je le rappelle – de maigres supports comparativement à l’échange non verbal que nous avons tous les uns avec les autres.

Les mots cloisonnent, les mots emprisonnent, les mots figent et formatent nos esprits.

                     Ceci est un arbre.

Désormais, lorsque je vois un arbre je me dis « voici un arbre » mais que signifie « arbre » ? La sonorité du mot nous donne déjà une impression erronée de l’objet.

Et le fait de définir l’objet nous coupe de sa saveur ou de la vibration qui en émane. Et un arbre est – il similaire à un autre arbre ? Non, l’expérience est à chaque fois nouvelle.

Et même avec le même arbre l’expérience est nouvelle à chaque instant puisque tout est en mouvement tout le temps, je ne suis donc jamais face à la même expérience,

et mon corps change aussi à chaque seconde donc même si l’arbre restait inchangé, mon expérience serait différente puisque je suis en évolution permanente

et que j’appartiens également à ce mouvement permanent de tout.

Il n y a que mon esprit qui cloisonne – et mon instinct de survie qui s’abrite inlassablement dans ce qu’il connaît. Dans ce qu’il croit connaitre.

Puisqu’à défaut de savoir nous ne pouvons que croire, autant croire à ce qui nous permet de créer un champ large d’expérimentation.

Mais voilà, cela peut être interprété de tant de façons différentes. Tout cela n’a aucun sens si l’expérience vécue n’est pas reliée à notre être profond.

Tant de gens vivent sans se sentir vivants. Tant de gens se retiennent de vivre. Tant de gens vivent en dehors du rythme naturel des choses, refusant l’arythmie.

Ne voyant pas l’incroyable rythme de l’univers derrière ce semblant d’arythmie.

Il y a quelque chose en moi qui observe et qui est porteur de vérité, depuis le début de ma quête.

Il y a quelque chose en moi qui vit, malgré moi. Je pourrais l’ignorer. Je l’ai déjà fait… Je peux vivre avec aussi. Décider de lui faire confiance.

Tout ce que je fais, tout ce que je m’empêche de faire – sans le prendre en considération – peut me mener à ma perte.

N’entends tu pas la petite voix en toi qui te dis  » Lâche, oublie, relâche, accepte, découvre, chante, danse, aime, vis. »

Le chemin intérieur est le seul qui importe.

C’est une obsession que j’ai depuis toujours.

Tout ce qui ne sort pas de ma compréhension charnelle et spirituelle du monde ne m’intéresse pas;

Une théorie m’intéresse si je la lis après l’avoir expérimentée dans ma vie.

Mais je ne peux en aucun cas adhérer à quelque chose de conceptuel puis le faire mien.

Ou bien je le fais par jeu. Ou parce que je me suis abandonnée. Ou bien parce qu’il faut passer par là pour relâcher ensuite. Je pense à la théorie musicale.

Mais au fond, il y a ce guide qui est là et plus je lui fais confiance plus ma vie semble prendre une tournure qui m’échappe mais qui me rend heureuse.

Et les synchronicités s’enchaînent les unes après les autres. Et j’appartiens à ce miracle quotidien, sans aucun effort.

Le rapport à la tristesse aussi à évolué. Je ne retiens plus. Je suis triste, je pleure. Je veux mourir, je le crie aux nuages.

Puis je reviens dans un état de quiétude assez rapidement. Car finalement j’avais simplement besoin de crier, de m’exprimer, d’accepter le nuage qui me traversait.

Il est difficile de concevoir nos paradoxes, encore plus de concevoir ceux qui constituent la sève de notre existence.

Dans ma quête de vérité, je me suis vite retrouvée prisonnière de schémas. Et je croyais être en dehors alors que j’était en plein dedans.

Peut être que même aujourd’hui – à l instant où je vous parle – je crois que je suis en dehors alors que je suis dedans – ou à côté.

La liberté n’est pas de faire ce que je veux quand je le veux. La sagesse n’est pas de se couper du monde.

La contemplation n’est en aucun cas une forme de passivité. L’action n’est pas nécessairement de l’expérimentation.

La générosité  ne signifie pas  de tout donner. L’intelligence n’est pas d’être cultivé ou intellectuellement irréprochable.

Dieu que je m’ennuie face à un esprit qui semble avoir fait le tour de lui même et qui s’en satisfait.

Pour être honnête, cela m’attire dans un premier temps. Le fantasme d’avoir tout saisi, tout compris.

Cela rassure la petite fille insécure qui est en moi et qui toque parfois au carreau de ma fenêtre intérieure « hey je suis là, rassure moi.  »

Puis cela m’ennuie. Car je sais que la vie est bien plus vaste. Vaste et si proche de moi, en moi, autour de moi. Et ce qui est rassurant est bien plus grand,

bien plus enveloppant que nos maigres repères élaborés. Malgré le fait qu’on ne puisse pas le verbaliser. C’est ainsi que j’imagine le vrai Amour.

Parfois,  je me sens en connexion avec monde entier,  je me sens pleine, entière, rassasiée. Et si proche de tout et de tout le monde.

Mon coeur est inondé et je me sens comme étant la soeur de tous les humains, animaux, végétaux, objets en plastiques en bois ou en papier, je ne fais qu’un avec l’air , la mer, la pluie…

Puis je retourne à mes pensées. Ou à mon absence de pensée. Je noie mon esprit dans des sujets de pacotilles. Je lui fais croire qu’il réfléchit.

Mais en réalité je frôle le mystère de la vie à chaque seconde de mon existence.

Je vis cela comme une bénédiction, jour après jour, et même si parfois il m’arrive encore de vouloir disparaître et ne plus appartenir à ce monde malade car scindé de toutes parts,

je reviens doucement à moi, à cette quiétude intérieure et je retrouve ma route, je continue d’arpenter mon chemin.

Depuis que j’ai arrêté de me considérer comme un être unilatéral, je vis chaque instant de ma vie comme un extraordinaire voyage.

J’habite depuis 12 ans dans le même appartement et pourtant c’est un des lieux dans lequel j ai l’impression d’avoir le plus voyagé de toute ma vie.

Ma demeure intérieure est précieuse. Je la chéris. Et si parfois je me sens vide ou seule, c est parce que mes yeux sont bandés. L’amour est là. Partout.

J’aime sans réfléchir et sans plus exiger de retour.

Alors que faire quand mon coeur me pousse vers une personne et que mon esprit me dit « c’est lui, c’est l’homme de ta vie », suis-je encore dans un leurre ?

Ou existe-t-il réellement des âmes auxquelles nous sommes connectés à tout jamais ?

Je voudrais partir au bord de l’océan, m’asseoir et regarder les vagues par milliers naître et mourir à mes pieds.

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« Il n ‘y a vraiment aucune frontière entre nous-mêmes et tout le reste du monde. »

 

 

 

 

Je vais vous dire une chose étrange. Lorsqu’une personne autour de moi disparaît, je me sens plus proche d’elle que lorsqu’elle est vivante.

De notre vivant, nous avons nos objectifs, nos impératifs, nous sommes divisés en mille morceaux et nous scindons notre rapport aux autres.

Lorsqu’une âme est libérée de cela, je la sens plus proche de moi.

 

 


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Le Sentiment d’Insécurité

Le pouvoir de l’inconscient collectif

Avant de disparaître, j’aimerais avoir le temps d’analyser le pouvoir de l’inconscient collectif dans la gestion de nos existences (puis, plus spécifiquement, la place que prend la mémoire collective dans les domaines de la création).

Je sens parfois que « quelque chose » de très intelligent me guide – au-delà de ma volonté, pendant que ma conscience agit sur ma raison qui croit contrôler mes actes.

Je souhaiterais pouvoir accéder à cette intelligence suprême plus régulièrement, lui accorder une place dans mon quotidien et accepter sa suprématie plutôt que de ne l’effleurer que trop rarement en voulant la combattre ou l’égaler.

Je veux saisir l’insaisissable.

Notre intelligence nous fourvoie – en permanence. Nous ne pouvons lutter contre ce « quelque chose », ces rouages incessants qui vrombissent en nous depuis la nuit des temps, qui outrepassent nos meilleurs raisonnements conscients, qui surplombent des siècles d’instruction, qui fonctionnent sans raisonnement ni effort conscient …
Je n’ai plus envie de lutter contre cette déité qui réside en moi.
Je ne veux plus ramener les éléments naturels et spirituels inlassablement à l’échelle de l’homme, à des raisonnements et des mécanismes créés par l’homme pour l’homme.

Je crois que je suis désormais contre la notion de libre arbitre.

Il faut bondir, voler, tournoyer, rebondir. Il faut observer, sentir, collecter, trier.
Mais en aucun cas, diriger nos existences. Nous n’avons pas ce pouvoir, c’est un leurre.

Laisser le grand Tout agir, lui faire confiance.

Mais s’offrir, se rendre disponible, ouvert, surveiller que rien ne se cloisonne ni ne s’étiole.

Ne pas se méprendre.

Il ne s’agit pas ici de laisser-aller, de laisser mourir ou ternir le Beau.
Non, au contraire. C’est prendre soin du Beau, en permanence.
Le chérir, l’aimer, en faire son amant pour l’éternité.

Plus concrètement, c’est comme si nous devions utiliser une machine dont nous ignorons le mode d’emploi et les limites effectives… nous serions obligés d’agir instinctivement, dans le respect et l’humilité, ignorants face au grand Tout.

Et avoir conscience que toute forme de maitrise – quelle qu’elle soit – n’est qu’un jeu. Nous ne sommes rien. Mais l’homme s’ennuie et redoute sa mort. Et souvent s’abandonne à la frivolité de ses ambitions en luttant désespérément contre les autres afin d’échapper aux éternelles questions du genre humain.

Depuis petite, je ressens fortement la présence de cette conscience en moi, et une indifférence profonde à l’égard de la vie « réelle ». Pendant mon adolescence, à chaque fois que je me regardais dans le miroir, je voyais un tas d’ossements. Je voyais ma peau qui allait décrépir, une sorte de cadavre ambulant qui allait s’effriter et s’envoler dans l’infiniment grand et l’infiniment petit.

Je croyais que j’étais folle.

Mais, en réalité, c’est le monde autour de moi qui est fou.

« La pensée est plus riche quand elle est humaine, c’est-à-dire ambiguë »

Entretien avec Jeanne Hersch

Le voyageur – Nietzsche

Il était minuit quand Zarathoustra se mit en chemin par-dessus la crête et de l’île pour arriver le matin de très bonne heure à l’autre rive : car c’est là qu’il voulait s’embarquer. Il y avait sur cette rive une bonne rade où des vaisseaux étrangers aimaient à jeter l’ancre ; ils emmenaient avec eux quelques-uns d’entre ceux des Iles Bienheureuses qui voulaient passer la mer. Zarathoustra, tout en montant la montagne, songea en route aux nombreux voyages solitaires qu’il avait accomplis depuis sa jeunesse, et combien de montagnes, de crêtes et de sommets il avait déjà gravis.

Je suis un voyageur et un grimpeur de montagnes, dit-il à son cœur, je n’aime pas les plaines et il me semble que je ne suis pas resté tranquille longtemps.

Et quelle que soit ma destinée, quel que soit l’événement qui m’arrive, — ce sera toujours pour moi un voyage ou une ascension : on finit par ne plus vivre que ce que l’on a en soi.

Les temps sont passés où je pouvais m’attendre aux événements du hasard, et que m’adviendrait-il encore qui ne m’appartienne déjà ?

Il ne fait que me revenir, il est enfin de retour — mon propre moi, et voici toutes les parties de lui-même qui furent longtemps à l’étranger et dispersées parmi toutes les choses et tous les hasards.

Et je sais une chose encore : je suis maintenant devant mon dernier sommet et devant ce qui m’a été épargné le plus longtemps. Hélas ! il faut que je suive mon chemin le plus difficile ! Hélas ! j’ai commencé mon plus solitaire voyage !

Mais celui qui est de mon espèce n’échappe pas à une pareille heure, l’heure qui lui dit : « C’est maintenant seulement que tu suis ton chemin de la grandeur ! Le sommet et l’abîme se sont maintenant confondus !

Tu suis ton chemin de la grandeur : maintenant ce qui jusqu’à présent était ton dernier danger est devenu ton dernier asile !

Tu suis ton chemin de la grandeur : il faut maintenant que ce soit ton meilleur courage de n’avoir plus de chemin derrière toi !

Tu suis ton chemin de la grandeur : ici personne ne se glissera à ta suite ! Tes pas eux-mêmes ont effacé ton chemin derrière toi, et au-dessus de ton chemin il est écrit : Impossibilité.

Et si dorénavant toutes les échelles te manquent, il faudra que tu saches grimper sur ta propre tête : comment voudrais-tu faire autrement pour monter plus haut ?

Sur ta propre tête et au delà, par-dessus ton propre cœur ! Maintenant ta chose la plus douce va devenir la plus dure.

Chez celui qui s’est toujours beaucoup ménagé, l’excès de ménagement finit par devenir une maladie. Béni soit ce qui rend dur ! Je ne vante pas le pays où coulent le beurre et le miel !

Pour voir beaucoup de choses il faut apprendre à voir loin de soi : — cette dureté est nécessaire pour tous ceux qui gravissent les montagnes.

Mais celui qui cherche la connaissance avec des yeux indiscrets, comment saurait-il voir autre chose que les idées de premier plan !

Mais toi, ô Zarathoustra ! tu voulais apercevoir toutes les raisons et l’arrière-plan des choses : il te faut donc passer sur toi-même pour monter — au delà, plus haut, jusqu’à ce que tes étoiles elles-mêmes soient au-dessous de toi !

Oui ! Regarder en bas sur moi-même et sur mes étoiles : ceci seul serait pour moi le sommet, ceci demeure pour moi le dernier sommet à gravir ! —

Ainsi se parlait à lui-même Zarathoustra, tandis qu’il montait, consolant son cœur avec de dures maximes : car il avait le cœur plus blessé que jamais. Et lorsqu’il arriva sur la hauteur de la crête, il vit l’autre mer qui était étendue devant lui : alors il demeura immobile et il garda longtemps le silence. Mais à cette hauteur la nuit était froide et claire et étoilée.

Je reconnais mon sort, dit-il enfin avec tristesse. Allons ! je suis prêt. Ma dernière solitude vient de commencer.

Ah ! mer triste et noire au-dessous de moi ! Ah ! sombre et nocturne mécontentement ! Ah ! destinée, océan ! C’est vers vous qu’il faut que je descende !

Je suis devant ma plus haute montagne et devant mon plus long voyage : c’est pourquoi il faut que je descende plus bas que je ne suis jamais monté :

plus bas dans la douleur que je ne suis jamais descendu, jusque dans l’onde la plus noire de douleur ! Ainsi le veut ma destinée : Eh bien ! Je suis prêt.

D’où viennent les plus hautes montagnes ? c’est que j’ai demandé jadis. Alors, j’ai appris qu’elles viennent de la mer.

Ce témoignage est écrit dans leurs rochers et dans les pics de leurs sommets. C’est du plus bas que le plus haut doit atteindre son sommet. —

Ainsi parlait Zarathoustra au sommet de la montagne où il faisait froid ; mais lorsqu’il arriva près de la mer et qu’il finit par être seul parmi les récifs, il se sentit fatigué de sa route et plus que jamais rempli de désir.

Tout dort encore maintenant, dit-il ; la mer aussi est endormie. Son oeil regarde vers moi, étrange et somnolent.

Mais son haleine est chaude, je le sens. Et je sens aussi qu’elle rêve. Elle s’agite, en rêvant, sur de durs coussins.

Écoute ! Écoute ! Comme les mauvais souvenirs lui font pousser des gémissements ! ou bien sont-ce de mauvais présages ?

Hélas ! je suis triste avec toi, monstre obscur, et je m’en veux à moi-même à cause de toi.

Hélas ! pourquoi ma main n’a-t-elle pas assez de force ! Que j’aimerais vraiment te délivrer des mauvais rêves ! —

Tandis que Zarathoustra parlait ainsi, il se mit à rire sur lui-même avec mélancolie et amertume. Comment ! Zarathoustra ! dit-il, tu veux encore chanter des consolations à la mer ?

Hélas ! Zarathoustra, fou riche d’amour, ivre de confiance ? Mais tu fus toujours ainsi : tu t’es toujours approché familièrement de toutes les choses terribles.

Tu voulais caresser tous les monstres. Le souffle d’une chaude haleine, un peu de souple fourrure aux pattes — : et immédiatement tu étais prêt à aimer et à attirer à toi.

L’amour est le danger du plus solitaire ; l’amour de toute chose pourvu qu’elle soit vivante ! Elles prêtent vraiment à rire, ma folie et ma modestie dans l’amour ! —

Ainsi parlait Zarathoustra et il se mit à rire une seconde fois : mais alors il pensa à ses amis abandonnés, et, comme si, dans ses pensées, il avait péché contre eux, il fut fâché contre lui-même à cause de sa pensée. Et aussitôt il advint que tout en riant il se mit à pleurer : — Zarathoustra pleura amèrement de colère et de désir.

Où va le monde ?

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=PAC00028994

 

 » L’individualité est donnée par l’existence. La personnalité est imposée par la société. » – Osho

« L’image que nous avons de nous-même ne vient pas de notre expérience directe mais de l’opinion des autres.
Une « personnalité » imposée de l’extérieur remplace l’individualité qui aurait pu croître de l’intérieur.
Le moment est venu d’agir pour vous libérer de ce que les autres vous ont conditionné à croire sur vous-même. Dansez, courez, prononcez des paroles sans queue ni tête, faites tout ce qui est nécessaire pour réveiller le lion qui dort en vous. »

 » Vous portez vos blessures. Du fait de votre ego, votre être tout entier est une blessure et vous la portez partout où vous allez. Personne ne cherche à vous blesser, personne n’est dans l’attente de vous faire du mal ; chacun est occupé à protéger ses propres blessures. Qui aurait assez d’énergie ? Mais cela arrive tout de même parce que vous êtes tellement prêt à être blessé, tellement prêt, dans l’attente des coups.
Vous ne pouvez pas toucher l’homme de Tao. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a personne pour être touché. Il n’y a aucune blessure. Il est sain guéri, entier. Le terme anglais « whole » – entier est très beau et le mot « heal » – guérir ainsi que le mot « holy » – saint ont la même racine, « whole ». L’homme de Tao est entier, sain et saint.
Soyez conscients de votre blessure. Ne l’aider pas à croître, laissez-la se guérir et elle ne sera guérie que lorsque vous irez à sa racine. Moins votre mental interviendra, plus vite votre blessure guérira ; sans mental, pas de blessure. Vivez une vie sans tête. Allez et acceptez les choses comme elles sont.
Pendant vingt-quatre heures seulement, essayez – une acceptation totale, quoi qu’il arrive. Quelqu’un vous insulte, acceptez le, ne réagissez pas et voyez ce qui se passe. Soudain vous éprouverez un flot de vitalité que vous n’aviez jamais ressentie auparavant. »

Osho The Empty Boat Chapter 10

 

Gautama Bouddha :  » Soyez votre propre lumière « 

Trouver la lumière qui émane de notre interieur. Ne pas attendre que quiconque vienne tourner l’interrupteur.

On ne trouve aucune joie durable à la déresponsabilisation.

Tout en sachant que mon Moi n’est autre qu’un puzzle géant de bribes d’êtres croisés sur ma route.

En étant dans la recherche de la singularité, et en restant dans l’acceptation d’un mal et d’un bien en chaque chose, comment peut on admettre d’être Unique sans se croire également Tout ?

 » Si vous avez découvert votre vérité au fond de vous-même, il n’y a alors rien d’autre à découvrir dans toute cette existence. La vérité se manifeste à travers vous. Lorsque vous ouvrez vos yeux, c’est la vérité qui ouvre ses yeux, lorsque vous fermez vos yeux, c’est la vérité qui ferme ses yeux.
C’est l’une des techniques de méditation les plus simple.
Lentement, lentement, tout se met en place avec cette formule simple, il n’y a alors plus besoin de la technique.
Lorsque vous êtes guéri, vous jetez la méditation, vous jetez le médicament. Vous vivez alors en tant que vérité ; vivant, irradiant, contenté, béat, un chant à vous-même. Votre vie tout entière devient une prière sans aucun mot ou mieux de dire, un état de prière, une grâce, une beauté qui n’appartient pas à notre monde terrestre, un rayon de lumière venant de l’au-delà et pénètrant les ténèbres de notre monde. »Le Zen dit que si vous lâchez le savoir – et dans le savoir tout est inclus, votre nom, votre identité, tout, parce que cela vous a été donné par les autres – si vous lâchez tout ce qui vous a été donné par les autres, vous aurez une qualité d’être totalement différente – l’innocence.

Osho The Great Zen Master Ta Hui Chapter 23

 » Regardez autour de vous, tout est nécessaire et tout a sa place. C’est une uni-té organique, personne n’est plus haut et personne n’est plus bas, personne n’est supérieur, personne n’est inférieur. Tout le monde est incomparablement unique. »

Osho The Sun Rises in the Evening Chapter 4

La façon de découvrir qui vous êtes n’est pas de vous comparer à d’autres,
mais de regarder en vous pour voir si vous réalisez votre propre potentiel de la meilleure façon qu’il vous soit possible.

« Lorsque votre être intérieur s’ouvre, il fait d’abord l’expérience des deux directions, la hauteur, la profondeur. Puis peu à peu cette vision se stabilise, alors vous commencez à regarder autour de vous et à rayonner.

Lorsque nous sommes amenés à connaître, par expérience, que le noir et le difficile sont tout autant nécessaire que la lumière et le facile, alors nous commençons à avoir une perspective différente du monde.
En permettant à toutes les couleurs de la vie de nous pénétrer, nous devenons plus intégré. »

« Il y a deux sortes de créateurs dans le monde : l’un travaille avec les objets – un poète, un peintre, ils travaillent avec des objets, ils créent des choses ; l’autre sorte de créateur, le mystique, se crée lui-même. Il ne travaille pas avec des objets, il travaille avec le sujet ; il travaille sur lui-même, son propre être. Et il est le vrai créateur, le vrai poète car il fait de lui-même un chef d’œuvre. « 

Sacha Guitry : « Pense, tout simplement »

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Extrait de sa pièce : Deburau

« …

Sois agité, nerveux, et sois-le follement, mais dans ta loge seulement. Là, tu ne risques rien — c’est pour te soulager.
Ça, c’est pour toi, mais n’oublie surtout pas qu’il faut cesser de l’être en face du danger, que le public ne voie jamais ta mémoire indécise, le souci d’être bon, la peur d’être mauvais, tes espoirs les plus grands, tes craintes les plus folles et quand on a frappé, quand le rideau s’envole, qu’il emporte avec lui tout cela dans les frises.
En scène sois léger, sois simple, sois charmant, surtout ne sois jamais vulgaire, ne sois pas trop intelligent, c’est inutile.
Ne fais que des choses faciles et n’accepte jamais de rôle secondaire. Le public n’est pas exigeant, il faut très peu de choses en somme pour lui plaire, il faut, tu vas voir, c’est un rien,
il faut que sans effort il te comprenne bien.
Fais-toi comprendre et ça suffit, pense tout simplement, la chose est bien facile.
Ce n’est ni malin ni subtil, quand tu veux exprimer qu’une femme est jolie,
Pense qu’elle est jolie et fais n’importe quoi.
Quand tu veux exprimer l’amour ou la folie, la danse, la chanson, le plaisir ou l’effroi,
Pense tout simplement, tu me comprends bien, pense.
Pense à l’effroi, pense au plaisir, à la chanson, pense à l’amour, à la folie ou à la danse
Et gesticule à ta façon, surtout ne singe pas les gestes que je fais.

… »

http://www.dailymotion.com/video/x3c7nv_sacha-guitry_politics

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=I00012554

 

Friedrich Nietzsche : « On commence à se méfier de personnes très intelligentes quand on les voit marquer de l’embarras. »

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——————————————-J’INGERE PUIS JE DIGERE PUIS JE DEGOBILLE : BON APPETIT ———————————————

« Ce qui me bouleverse, ce n’est pas que tu m’aies menti c’est que désormais je ne pourrais plus te croire. »

« La musique offre aux passions le moyen de jouir d’elle-même. »

« Maturité de l’homme : retrouver le sérieux qu’il mettait au jeu, étant enfant. »

« Nous avons l’art, afin de ne pas mourir de la vérité. »

« Il y a une exubérance de bonté qui ressemble à de la méchanceté. »

« Je serai sage, car cela me plaît « 

« La vanité d’autrui n’offense notre goût que lorsqu’elle choque notre propre vanité. »

« Cela, un grand homme ? Je n’aperçois en lui que le comédien de son propre idéal. »

« Sans la musique, la vie serait une erreur »

« Les poètes n’ont pas la pudeur de leurs aventures, ils les exploitent. »

« Il n’y a pas de phénomènes moraux, rien qu’une interprétation morale des phénomènes. »

« Qu’est-ce que l’originalité ? Voir quelque chose qui ne porte encore aucun nom, qui ne peut pas encore être nommé quoique tout le monde l’ait sous les yeux. »

« L’homme cherche un principe au nom duquel il puisse mépriser l’homme ; il invente un autre monde pour pouvoir calomnier et salir ce monde-ci ; en fait, il ne saisit jamais que le néant et fait de ce néant un « Dieu », une « vérité » appelés à juger et à condamner cette existence-ci. »

« La musique offre aux passions le moyen de jouir d’elle-même. »

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