Le Livre des Coïncidences

« Il existe un moyen de regagner la joie et l’enthousiasme d’un potentiel infini.

Tout ce qu’il faut pour cela est une compréhension de la véritable nature de la réalité,

le désir de reconnaître l’interconnexion et l’inséparabilité de toute chose. »

Le Livre des Coïncidences – Deepak Chopra

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Je traverse en ce moment une période assez surprenante de ma vie où tout semble se mettre en parfaite corrélation autour de moi.

Intriguée par ce phénomène dit de « synchronicité » qui m’accompagne jour après jour – depuis plusieurs semaines déjà -

j’ai eu envie d’étudier la question ; c’est ainsi que j’ai découvert  »Le Livre des Coïncidences » de Deepak Chopra .

Peu importe l’avis négatif qu’ont certains sur son travail, je suis disposée à écouter sur un même pied d’égalité le point de vue d’un prix nobel comme celui d’un criminel.

Par ailleurs, plus les années passent et plus il m’est difficile d’émettre une opinion globale et indélogeable sur une personne ou sur son oeuvre car je ne supporte pas qu’on le fasse avec moi.

J’accepte volontiers d’adhérer à certains passages de son livre et d’en négliger d’autres, j’ai confiance au fait que ce qui doit faire écho fera écho et le reste suivra tranquillement son chemin. Je souffre d’entendre parfois les gens émettre certaines opinions comme si elles étaient des vérités immuables et j’essaie d’appliquer à moi-même ce que je ne peux infliger aux autres, c’est à dire de ne pas avoir nécessairement d’opinion sur tout et d’essayer ainsi de rester ouverte à l’expérience et de laisser transparaître une vérité un peu plus transcendantale que la houle et l’écume de ma pensée quotidienne.

La vie est un mystère absolu et tandis que je vois autour de moi les gens vieillir et se raidir dans des convictions ou du scepticisme,

je me sens au contraire de plus en plus ouverte et ébahie face à ce mystère qui m’entoure et qui m’habite.

La vie est un immense terrain d expérimentation. Je suis mon propre cobaye et j’observe tous les jours, inlassablement, ce qui m’échappe.

Je puise dans tout ce que je peux pour essayer de percer le mystère de la vie, de l’humain, mais parfois j’observe le simple fait d’être. Et d’appartenir à ce Tout.

Ce sont ces allers-retours entre le compréhensible et l’incompréhensible, le palpable et l’impalpable qui me permettent parfois de me glisser

au delà du principe de dualité dont nous sommes si friands. Et qui est pourtant si destructeur pour l’humanité.

Depuis toujours, la justice et la vérité sont une obsession chez moi. En ce qui concerne la justice, bien que la colère me monte très rapidement face à une situation qui me semble injuste,

et qu’il m’est arrivé de nombreuses fois de plonger dans un désarroi absolu face la cruauté de certaines situations, j’ai compris que je ne pouvais malheureusement pas grand chose à cela,

hormis le fait de ne pas créer de drames inutiles ou de ne pas prolonger une expérience difficiles en un souvenir douloureux.

Quand à ma quête de la vérité, depuis que je me sens plus en accord avec mon être interieur – mes envies, mes contradictions, mes limites, mes rêves, mes absences, ma vibration,

ma présence au monde, ma voix, mon corps, mes fragilités, ma folie, ma sagesse – je continue d’essayer de comprendre ce qui nous relie les uns aux autres, ce qui nous dépasse et des éléments de réponses semblent me parvenir.

Après avoir connu des années d’errance à me sentir seule et incomprise, de ne pas voir la lumière au bout du tunnel, je réalise que cette lumière était toujours là et que cette lumière est aussi la pénombre et que nous sommes tous cette lumière et cette pénombre. Or nous vivons inlassablement dans un monde divisé qui nous morcèle, je parle de celui que nous avons créé, et qui nous tire vers la gravité, l’ennui ou le « vide ». Comprendre le monde réel (non pas l’illusion dans laquelle nous vivons mais le monde tel qu’il est) me demande certes de l’analyse, de la réflexion, mais surtout du lâcher prise, du recul sur ce que j’ai toujours connu, sur ce qui m’a toujours été inculqué. Je me dois d’effectuer un nettoyage interieur régulier de mon intellect afin qu’il ne pollue pas la pureté du processus d’observation et d’expérimentation par des interprétations désuètes.

Mais j’ai une chance inouïe, celle d’avoir une conscience aiguisée. Depuis mon plus jeune âge, je sens que quelque chose est, sans que j’ai à faire quoi que ce soit.

Mais voilà, lorsque l’on est enfant et que l’on constate que notre compréhension du monde n’a rien à voir avec ce qui est vécu par l’entourage, le premier réflexe est de se dire qu’on est fou – ou bête. Or aujourd’hui, ce que j’étais enfant « sans faire exprès » reviens en très grande force balayer des années de travail à essayer de me cacher, de me déguiser en tel ou tel personnage social, en telle ou telle image de la femme, en telle ou telle image de l’humain (ex : je suis une intellos, je suis une femme enfant, je suis une fille de bourgeois, etc …).

Une sorte de simplicité et de franchise vient s’emparer de mon rapport intime entre moi et moi, je ne sens plus de jugement ni de scission à l’intérieur de moi

et lorsque je l’éprouve, je peux enfin déterminer à quel point cette scission est le fruit de mon imagination et du jugement dans lequel nous baignons malgré nous en permanence.

Ce monde que nous avons créé et qui peut parfois rendre fou et malhonnête vis à vis de notre Dieu intérieur, nous devons apprendre à en faire partie sans le faire nôtre.

En abordant « Le Livre des Coïncidences » de Deepak Chopra, je craignais encore une interprétation erronée du monde, ces schémas habituels de grands penseurs un peu incompréhensibles

ou tellement limpides qu’ils sont tombés dans une forme de vulgarisation et résolution simpliste de nos éternelles interrogations.

Car comment parler d’une vérité qui n’est pas saisissable, verbalisable, quantifiable, qui ne peut même pas être située entre l’infiniment grand et l’infiniment petit ?

Je conçois que certains scientifiques ne supportent pas la vulgarisation de leurs travail, étant donné que l’on aborde des sujets tels que la physique quantique

et que l’on envisage l’espace temps au delà de sa vision habituelle tridimensionnelle ; cet éternel conflit entre rendre le raisonnement  accessible à tous mais vulgariser le propos

ou tenir un discours opaque et avoir le sentiment que seule une élite cultivée peut comprendre et que donc cela fait sens… De ma petite expérience, les gens les plus intelligents et incroyables que j’ai rencontrés étaient limpides dans leurs discours mais mystérieux ; ouverts, accessibles mais insaisissables.

Et ils communiquaient ce mystère au delà des mots, dans leurs yeux, leur sourire, leur respiration.

Je trouve dommage qu’il existe encore une telle scission entre la Spiritualité et la Science.

Il est pourtant évident que nous réfléchissons tous sur les mêmes sujets de fonds, il serait temps de nous prendre la main pour aller plus loin.

Sans rappeler que les grands penseurs d’autrefois avaient justement plusieurs cordes à leur arcs afin d’être plus à même de cerner le mystère de la vie.

Fort heureusement un phénomène de mode aujourd’hui favorise l’échange entre les scientifiques, les artistes, les sportifs et les grands penseurs.

Ceux qui cherchent des réponses par l’instinct et le corps de façon empirique peuvent désormais échanger avec ceux qui élaborent des théories par le biais de leur esprit et de leur imagination. Les médecins travaillent de pair avec les magnétiseurs dans la guérison du cancer, les scientifiques étudient les fréquences musicales avec l’aide des artistes, etc… Certains diront qu’une vulgarisation de ces sujets complexes rend l’échange inutile ou erroné du fait qu’il y a un discours biaisé dès le début même de l’échange. Mais tout discours est biaisé puisque nous utilisons tous des mots pour nous exprimer et que nous en avons chacun une interprétation qui nous est propre et un degré de réactivité à certain d’entre eux qui n’est pas le même. Je ne peux donc pas être en accord avec cette critique (ou cette crainte) car j’observe dans le domaine de la création que le mystère qui nous échappe n’est pas loin de nous mais en nous, et que nous partageons tous un langage commun, au delà des mots. Ce langage commun peut être pressenti lorsque plusieurs grands penseurs / voyageurs communiquent entre eux, il faut simplement avoir l’intelligence de ne pas nous arrêter sur les termes employés qui sont – je le rappelle – de maigres supports comparativement à l’échange non verbal que nous avons tous les uns avec les autres.

Les mots cloisonnent, les mots emprisonnent, les mots figent et formatent nos esprits.

                     Ceci est un arbre.

Désormais, lorsque je vois un arbre je me dis « voici un arbre » mais que signifie « arbre » ? La sonorité du mot nous donne déjà une impression erronée de l’objet.

Et le fait de définir l’objet nous coupe de sa saveur ou de la vibration qui en émane. Et un arbre est – il similaire à un autre arbre ? Non, l’expérience est à chaque fois nouvelle.

Et même avec le même arbre l’expérience est nouvelle à chaque instant puisque tout est en mouvement tout le temps, je ne suis donc jamais face à la même expérience,

et mon corps change aussi à chaque seconde donc même si l’arbre restait inchangé, mon expérience serait différente puisque je suis en évolution permanente

et que j’appartiens également à ce mouvement permanent de tout.

Il n y a que mon esprit qui cloisonne – et mon instinct de survie qui s’abrite inlassablement dans ce qu’il connaît. Dans ce qu’il croit connaitre.

Puisqu’à défaut de savoir nous ne pouvons que croire, autant croire à ce qui nous permet de créer un champ large d’expérimentation.

Mais voilà, cela peut être interprété de tant de façons différentes. Tout cela n’a aucun sens si l’expérience vécue n’est pas reliée à notre être profond.

Tant de gens vivent sans se sentir vivants. Tant de gens se retiennent de vivre. Tant de gens vivent en dehors du rythme naturel des choses, refusant l’arythmie.

Ne voyant pas l’incroyable rythme de l’univers derrière ce semblant d’arythmie.

Il y a quelque chose en moi qui observe et qui est porteur de vérité, depuis le début de ma quête.

Il y a quelque chose en moi qui vit, malgré moi. Je pourrais l’ignorer. Je l’ai déjà fait… Je peux vivre avec aussi. Décider de lui faire confiance.

Tout ce que je fais, tout ce que je m’empêche de faire – sans le prendre en considération – peut me mener à ma perte.

N’entends tu pas la petite voix en toi qui te dis  » Lâche, oublie, relâche, accepte, découvre, chante, danse, aime, vis. »

Le chemin intérieur est le seul qui importe.

C’est une obsession que j’ai depuis toujours.

Tout ce qui ne sort pas de ma compréhension charnelle et spirituelle du monde ne m’intéresse pas;

Une théorie m’intéresse si je la lis après l’avoir expérimentée dans ma vie.

Mais je ne peux en aucun cas adhérer à quelque chose de conceptuel puis le faire mien.

Ou bien je le fais par jeu. Ou parce que je me suis abandonnée. Ou bien parce qu’il faut passer par là pour relâcher ensuite. Je pense à la théorie musicale.

Mais au fond, il y a ce guide qui est là et plus je lui fais confiance plus ma vie semble prendre une tournure qui m’échappe mais qui me rend heureuse.

Et les synchronicités s’enchaînent les unes après les autres. Et j’appartiens à ce miracle quotidien, sans aucun effort.

Le rapport à la tristesse aussi à évolué. Je ne retiens plus. Je suis triste, je pleure. Je veux mourir, je le crie aux nuages.

Puis je reviens dans un état de quiétude assez rapidement. Car finalement j’avais simplement besoin de crier, de m’exprimer, d’accepter le nuage qui me traversait.

Il est difficile de concevoir nos paradoxes, encore plus de concevoir ceux qui constituent la sève de notre existence.

Dans ma quête de vérité, je me suis vite retrouvée prisonnière de schémas. Et je croyais être en dehors alors que j’était en plein dedans.

Peut être que même aujourd’hui – à l instant où je vous parle – je crois que je suis en dehors alors que je suis dedans – ou à côté.

La liberté n’est pas de faire ce que je veux quand je le veux. La sagesse n’est pas de se couper du monde.

La contemplation n’est en aucun cas une forme de passivité. L’action n’est pas nécessairement de l’expérimentation.

La générosité  ne signifie pas  de tout donner. L’intelligence n’est pas d’être cultivé ou intellectuellement irréprochable.

Dieu que je m’ennuie face à un esprit qui semble avoir fait le tour de lui même et qui s’en satisfait.

Pour être honnête, cela m’attire dans un premier temps. Le fantasme d’avoir tout saisi, tout compris.

Cela rassure la petite fille insécure qui est en moi et qui toque parfois au carreau de ma fenêtre intérieure « hey je suis là, rassure moi.  »

Puis cela m’ennuie. Car je sais que la vie est bien plus vaste. Vaste et si proche de moi, en moi, autour de moi. Et ce qui est rassurant est bien plus grand,

bien plus enveloppant que nos maigres repères élaborés. Malgré le fait qu’on ne puisse pas le verbaliser. C’est ainsi que j’imagine le vrai Amour.

Parfois,  je me sens en connexion avec monde entier,  je me sens pleine, entière, rassasiée. Et si proche de tout et de tout le monde.

Mon coeur est inondé et je me sens comme étant la soeur de tous les humains, animaux, végétaux, objets en plastiques en bois ou en papier, je ne fais qu’un avec l’air , la mer, la pluie…

Puis je retourne à mes pensées. Ou à mon absence de pensée. Je noie mon esprit dans des sujets de pacotilles. Je lui fais croire qu’il réfléchit.

Mais en réalité je frôle le mystère de la vie à chaque seconde de mon existence.

Je vis cela comme une bénédiction, jour après jour, et même si parfois il m’arrive encore de vouloir disparaître et ne plus appartenir à ce monde malade car scindé de toutes parts,

je reviens doucement à moi, à cette quiétude intérieure et je retrouve ma route, je continue d’arpenter mon chemin.

Depuis que j’ai arrêté de me considérer comme un être unilatéral, je vis chaque instant de ma vie comme un extraordinaire voyage.

J’habite depuis 12 ans dans le même appartement et pourtant c’est un des lieux dans lequel j ai l’impression d’avoir le plus voyagé de toute ma vie.

Ma demeure intérieure est précieuse. Je la chéris. Et si parfois je me sens vide ou seule, c est parce que mes yeux sont bandés. L’amour est là. Partout.

J’aime sans réfléchir et sans plus exiger de retour.

Alors que faire quand mon coeur me pousse vers une personne et que mon esprit me dit « c’est lui, c’est l’homme de ta vie », suis-je encore dans un leurre ?

Ou existe-t-il réellement des âmes auxquelles nous sommes connectés à tout jamais ?

Je voudrais partir au bord de l’océan, m’asseoir et regarder les vagues par milliers naître et mourir à mes pieds.

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« Il n ‘y a vraiment aucune frontière entre nous-mêmes et tout le reste du monde. »

 

 

 

 

Je vais vous dire une chose étrange. Lorsqu’une personne autour de moi disparaît, je me sens plus proche d’elle que lorsqu’elle est vivante.

De notre vivant, nous avons nos objectifs, nos impératifs, nous sommes divisés en mille morceaux et nous scindons notre rapport aux autres.

Lorsqu’une âme est libérée de cela, je la sens plus proche de moi.

 

 


Archives pour la catégorie COMMUNICATION

* R e l a x a t i o n *

 

 

Le Sentiment d’Insécurité

Le pouvoir de l’inconscient collectif

Avant de disparaître, j’aimerais avoir le temps d’analyser le pouvoir de l’inconscient collectif dans la gestion de nos existences (puis, plus spécifiquement, la place que prend la mémoire collective dans les domaines de la création).

Je sens parfois que « quelque chose » de très intelligent me guide – au-delà de ma volonté, pendant que ma conscience agit sur ma raison qui croit contrôler mes actes.

Je souhaiterais pouvoir accéder à cette intelligence suprême plus régulièrement, lui accorder une place dans mon quotidien et accepter sa suprématie plutôt que de ne l’effleurer que trop rarement en voulant la combattre ou l’égaler.

Je veux saisir l’insaisissable.

Notre intelligence nous fourvoie – en permanence. Nous ne pouvons lutter contre ce « quelque chose », ces rouages incessants qui vrombissent en nous depuis la nuit des temps, qui outrepassent nos meilleurs raisonnements conscients, qui surplombent des siècles d’instruction, qui fonctionnent sans raisonnement ni effort conscient …
Je n’ai plus envie de lutter contre cette déité qui réside en moi.
Je ne veux plus ramener les éléments naturels et spirituels inlassablement à l’échelle de l’homme, à des raisonnements et des mécanismes créés par l’homme pour l’homme.

Je crois que je suis désormais contre la notion de libre arbitre.

Il faut bondir, voler, tournoyer, rebondir. Il faut observer, sentir, collecter, trier.
Mais en aucun cas, diriger nos existences. Nous n’avons pas ce pouvoir, c’est un leurre.

Laisser le grand Tout agir, lui faire confiance.

Mais s’offrir, se rendre disponible, ouvert, surveiller que rien ne se cloisonne ni ne s’étiole.

Ne pas se méprendre.

Il ne s’agit pas ici de laisser-aller, de laisser mourir ou ternir le Beau.
Non, au contraire. C’est prendre soin du Beau, en permanence.
Le chérir, l’aimer, en faire son amant pour l’éternité.

Plus concrètement, c’est comme si nous devions utiliser une machine dont nous ignorons le mode d’emploi et les limites effectives… nous serions obligés d’agir instinctivement, dans le respect et l’humilité, ignorants face au grand Tout.

Et avoir conscience que toute forme de maitrise – quelle qu’elle soit – n’est qu’un jeu. Nous ne sommes rien. Mais l’homme s’ennuie et redoute sa mort. Et souvent s’abandonne à la frivolité de ses ambitions en luttant désespérément contre les autres afin d’échapper aux éternelles questions du genre humain.

Depuis petite, je ressens fortement la présence de cette conscience en moi, et une indifférence profonde à l’égard de la vie « réelle ». Pendant mon adolescence, à chaque fois que je me regardais dans le miroir, je voyais un tas d’ossements. Je voyais ma peau qui allait décrépir, une sorte de cadavre ambulant qui allait s’effriter et s’envoler dans l’infiniment grand et l’infiniment petit.

Je croyais que j’étais folle.

Mais, en réalité, c’est le monde autour de moi qui est fou.

La paresse n’existe pas

La paresse n’existe pas. L’oisiveté, oui. C’est un train de vie, assumé ou non.
La paresse, telle qu’on l’entend, n’existe pas.
Et si elle existe, ce n’est pas un défaut.
C’est une souffrance.
Ne pas réussir à passer à l’acte.
Être bloqué. Le nez sur une vérité absolue. Ou suspendu au-dessus d’un abîme.
De ce qu’on nomme le vide, le néant.
Être prisonnier d’un système de pensée généralisé.
D’un schéma de pensée désuet.
La triste conviction que tout acte est vain car inutile.
Sentiment profond d’impuissance.
Époque damnée où la surproduction matérielle et humaine bat son plein.
Ce n’est plus la loi du plus fort qui régit ce monde.
Non, c’est la loi du plus con. C’est pire.
La loi de celui qui court le plus vite vers sa mort.
Paresse ? Peur de la mort. Mieux, conscience de la mort.
Chaque accomplissement est une petite mort.
Un doux rapprochement vers l’inéluctable.
Comment en vouloir à ceux qui en ont conscience et tentent désespérément de freiner le temps ?
Ceux qui se tétanisent dans leur langueur ?
L’homme bruyant ne dérange personne.
C’est l’homme silencieux qui fait peur.
Celui qui ne dit rien car il sait qu’il ne peut rien contre la nature.
Qui ne se prend pas pour Dieu en cherchant à imiter ou à améliorer.
Celui qui ne sent plus.
Celui qui ne sait pas encore épouser l’univers.
Celui qui se fige, apeuré, refusant ce que l’homme a nommé mouvement.
Observant ceux qui se méprennent, qui font du bruit, qui forcent les choses.
Celui-là force mon admiration.

Joli Printemps

Bonjour à toi, joli Printemps,
Qui, empli d’une douce innocence
Qui, du haut de ta belle ignorance,
T’éveille prématurément …

Quoi, les bourgeons à demi clos te semblent déjà mourants ?
L’herbe fraîche semble pâlir à l’approche du levant ?
Le front courbé sur la terre, tu devines ma question :
Pourquoi tout s’obstine à mourir avant la moindre éclosion ?

Sois bien venu dans mon époque, cher Printemps,
Dans la morte saison de l’humain égrotant
Qui, tous les jours, incessamment me fait horreur
En étouffant la candeur qui hurle en nos coeurs

Tous ces humains assoiffés d’immortalité
Qu’ils ne sont déjà plus, pauvres spectres errants …
Rampants à la surface de leur destinée
Ils ont, pour toujours, cessé de vivre l’instant

La grâce du moment broyée si promptement
Que les joies les plus pures s’évaporent dans le temps
Aux fin fonds de l’ azur, lequel pâlit d’effroi …
L’éternité prend la couleur du désarroi

Mon coeur à moi pourtant s’emporte tout autant
Avec douleur, mais il s’arrête puis reprend
Je fais mien ce doux combat contre le néant
Je sens tant de peine face aux hommes flottants …

Comment éveiller les esprits transis par la peur ?
Doit-on les gifler ou leur imposer le parfum d’une fleur ?
Espérer en silence que leur conscience s’éveille ?
Ou partir en guerre, jurant par monts et merveilles ?

Pourquoi freiner un pauvre galop qui s’élance ?
Pourquoi craindre la vie et toutes ses espérances ?
Où sont les énergies célestes insufflées à la naissance ?
Comment guérir un monde qui ne croit plus en sa chance ?

Que cette nuit noire annonce l’aube d’un jour éclatant.

La Princesse de Clèves

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A tous ceux qui doutent

A tous ceux qui doutent : la vie est bien faite.
Il n y a pas de problème insolvable.
A part la mort.
Tout nous échappe et c’est dans le calme de cette conscience qu’on avance.
Il y a une justesse partout. Dans tout ce qui nous parait étrange, superflu, dramatique. Il y a de l espoir.
Une fois le nuage du doute évaporé, demeure une certaine quiétude.
Si je rate ce métro, c est que je dois prendre le suivant.
Si tel RDV est annulé, c est que ce n’est pas le moment.
Si j échoue dans telle entreprise, c est qu’elle ne m’était pas destinée.
Et ainsi de suite, dans tout ce qu’on vit.
Dès lors que l’on est honnête avec soi-même, tout ce qui nous arrive est parfait.
La preuve existe, quand on réussi une chose qui a été guidée par notre cœur, nos tripes, notre âme.
On se sent si bien. Non pas par la reconnaissance sociale. Mais par la reconnaissance de soi à soi.
Tiens, tu es bien là ? petite âme qui s’imagine noyée par une époque, des principes, des contradictions, un désir de satisfaction, la satisfaction d un désir, le néant … tu arrives malgré tout à vivre selon toi ?
Oui, car tu reconnais tes qualités. Et tes erreurs. Elles te rapprochent toujours un peu plus de toi.
Et tu es bien. Même si personne ne te voit. Tu es bien et personne ne te l’ôtera.
Car tu es fidèle à toi-même, et donc au monde.
Seulement voilà, encore faut-il être honnête avec soi-même. Ne pas s’obstiner bêtement.
Les êtres les plus confinés dans ce rouage vous diront, du haut de leur prison, qu’ils ont raison.
Cette lutte permanente contre soi et les autres … c’est leur seule façon de réussir à rester debout, face à la mort qui approche, inéluctablement.
Ils prennent le lâcher prise pour de la mollesse, de l’indifférence, de la flemmardise.
Les faiblesses les plus viles semble pendre au nez de ceux qui cherchent à vivre sereinement.
Culture familiale y oblige.
Oui, certains êtres sont faibles, beaucoup trop faibles … et creux … et mous … mais ils se sont abandonnés !
Ils ont fait semblant de se connaître et cohabitent avec leur fort intérieur, en acceptant ce qu’ils sont, en apparence.
Ils n’ont pas cherché à éduquer ce libre arbitre qui nous pousse à faire des choix.
Gagner en force … mais aussi, en douceur. Voici un paradoxe difficile à gérer :)

Un soir d’automne

Aujourd’hui j’ai appris à marcher.
J’avais oublié que j’avais des jambes.
Qu’elles peuvent me porter où bon me semble.
Et plus loin que je n’osais l espérer .
J’ai simplement voulu m’éviter un changement de métro un peu trop long.
Je n’avais pas envie d’aller sous terre. Je me suis terrée trop longtemps.
Alors j’ai marché. Jusqu’à la maison.
Ce n’est plus la même notion de temps.
On voit le beau. Tout devient clair dans la tête.
Une phrase bête me vient : c’est en marchant qu on avance.
Fini la contemplation passive.
Ce soir encore je marche. D’une ville à une autre. Et je me perds.
Et je me sens bien.
Plus rien ne compte et tout devient important.
J ai toujours aimé le train, voir défiler le paysage.
Et bien là aussi le paysage défile. A ma vitesse. A mon rythme. Et je respire enfin.
Épuisée que je suis par un environnement qui m’oppresse si facilement.
Toute cette passion , toute cette vie, toute cette folie qui sont en moi ne peuvent éclore s’ils se nourrissent du poison de la banalité et de l’ennui.
Je marche, encore.
Et croise un clochard. Accablé qu’il était d’avoir à porter tous ses sacs jusqu’à un abris.
Il semblait épuisé. Il me demande mon aide.
Je prends quelques sacs et on décolle. Je parle avec lui. Un peu.
Puis son pas s’accélère. Il avait l air moins fatigué, le bonhomme.
Il sait où il va.
En peu de temps je me retrouve seule avec lui, dans une zone peu éclairée.
Il m emmène vers un parc.
Je commence à avoir peur.
Il marche de plus en plus vite.
Soudainement, un éclair de lucidité chasse ma naïveté : cet homme ne me veut pas du bien.
Je pose ses affaires, et lui dit gentiment que je suis attendue et que je dois rentrer.
D’un coup il s’accable à nouveau. J’hésite mais mon instinct m’a dicté de le quitter à l’orée du bois.
Je me revois à le suivre, avec mon air idiot…
Je ne suis qu une cruche qui croit pouvoir apaiser un peu la misère humaine.
Mais ce n’est pas en portant un sac ou en tendant une pièce que je vais arranger les choses.
Cette misère ne se manifeste pas par une condition sociale.
La misère dont je vous parle est enfouie en chacun de nous.
Et en croyant que tout le monde fonctionne de la même façon, sans prendre en considération notre instinct, que l’on se trouve soudain entouré par des loups. Alors oui, certains ont tenu bon. D’autres en sont morts.
Je rentre chez moi. Sur le chemins je remarque une boite de préservatifs vide, jonchée sur le sol.
La saleté ambiante, je ne veux pas la voir.
Je ne veux pas qu elle m atteigne.
Rentre chez toi.
Retrouve la quiétude de ta demeure intérieure.
Et ne redoute plus ton lit qui tremble.
Tu vibres de tout ton corps. De tout ton cœur.
Sois en fier.
Et continue à croire en la vie.
En ta vie.
En tes rêves.
Affectueusement,
moi

Lettre à moi – même

Cher moi,
Je sais combien aujourd’hui tu étais fatiguée d’exister.

Tu as essayé de te lever et d’aller faire quelques activités constructives pour ton avenir.
Lassée par la dictature de l’hypocrisie, tu t es laissée allée à une insupportable franchise, face à un individu que tu ne connaissais pas. Tu apprends à te connaître, et tu te redoutes.

Tu apprendras à te connaître, et tu t’accepteras.

Ton corps pesait lourd, plus lourd que le poids qu’Atlas retient depuis l’éternité.
Lourd. Epuisée par une vie qui ne cesse de courir à sa mort, tu t’es écroulée dans un canapé. Et tu as dormi. Puis tu t es levée et tu es rentrée. Chez toi.

Tu arrives en bas de ton immeuble et vois un amas de policier.
Qui sont ces gens qui font intrusion chez mon voisin ?
Des brigadiers de la fauche, alignés comme des oignons déconfits. Ils reluquent un cadavre. Celui de mon voisin.

Mon voisin est mort.

Je ne le connaissais pas mon voisin, autant dire que je ne sais même pas à quoi il ressemblait. Paraît qu’il avait une main artificielle. Il était connu pour ça, dans le quartier, dixit mon épicier. De toute façon, vu sa santé, ça pouvait pas durer, dixit la copine de l’épicier.

Je rentre chez moi, la mine plus appauvrie que jamais. Ah cette mort, cette satanée mort, qui vient aiguiser ses ustensiles agricoles dans nos villes.

Je m’assieds au piano, je continue d’écrire une chanson. Sur la mort. Cette seule certitude qui guide notre existence. J’essaie d’écrire quelque chose d’optimiste. Puisque la vie nous est comptée, autant la dépenser. Mais non, tout ce qui émerge, c est cette absolue fatalité. Nous allons tous crever. Et quand bien même nous le voudrions pas, et bien, ne t’inquiète pas que ça arrivera, comme disent les pécores.

Ma voisine de palier, qui n’est donc pas décédée, me propose de la visiter, pour rencontrer son nouvel hôte.
Un petit chaton, de la taille d’un chausson, s’est blottit sur son canapé.
Empli de puce, le bébé. Il se gratte, il se gratte, il ne cesse de se gratter. Lui au moins, il se sent exister. Je regarde ce petit être chétif et maladroit, qui, un jour, dominera le salon comme l’aigle domine la vallée. Et qui un jour, il vieillira, et puis se reblotira, pour expier.

J’ai vu un oiseau mourir hier. Il se tenait droit, le pigeon. Il était au bord du gouffre mais il se tenait droit. Il n y voyait plus, le pigeon. Mais il se tenait droit, face à une vitre qui reflétait son image. Face à lui-même, il mourait. Seul, il était, ce pigeon. Mais d’une effarante dignité.

Je me retourne vers les humains, et j’observe, ce que je ne peux empêcher de nommer leur médiocrité.
Ils traînent la savate, les humains. Ne savent éprouver ni leur bonheur ni leur  malheur. Ils se jouent d’eux même et des autres en s’épanchant dans des humeurs qu’ils nomment des sentiments. Pauvres humains, friands de sensations qu’ils ne sont capables d’éprouver, d’assumer. Pauvres humains, qui se tordent de douleur car fatigués d’exister. Pauvres humains, qui meurent, baignés dans leur inconscience et dans leur solitude, qu’ils n’ont osé affronté du temps de leur jeunesse et de leur créativité.

Prends garde de ne pas leur ressembler.

Affectueusement,
moi

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