Hommage au génie de Cocteau

 » Je me cherchais, je croyais me reconnaître, je me perdais de vue, je courais à ma poursuite, je me retrouvais, hors d’haleine. »

 » Tel je suis, englué de charmes. Prompt à m’éblouir. J’appartiens à la minute. »

 » Il me faut éviter le ceci, les cela. Éviter l’image. Éviter d’y dépeindre et de n’y pas dépeindre. Éviter le sens exact et l’inexactitude. Le mou, le sec. Ni long, ni bref. Propre à frapper l’œil, l’oreille, l’intelligence. »

 » Minutes délicieuses dont je souffre et que je n’échangerais contre rien. »

 » La perche est vite tendue et vite prise, l’auteur oublié. Le navire dérive et tourne à l’épave. Si les comédiens écoutent ces sirènes, le drame devient mélodrame, le fil qui reliait les scènes se casse. Le rythme est perdu. »

« Le souffle qui m’habite je le connais mal, mais il n’est pas tendre. Il se moque des malades. Il ignore la fatigue. Il profite de mes aptitudes. Il veut donner sa part. Ce n’est pas inspiration, c’est expiration qu’il faut dire. Car le souffle vient d’une zone de l’homme où l’homme ne peut descendre. »

 » De tous les problèmes qui nous embrouillent, celui du destin et du libre arbitre est le plus obscur. Quoi ? La chose est écrite à l’avance et nous pouvons l’écrire, nous pouvons en changer la fin ? La vérité est différente. Le temps n’est pas. Il est notre pliure. Ce que nous croyons exécuter à la suite, s’exécute d’un bloc. Le temps nous le dévide. Notre œuvre est déjà faite. Il ne nous reste pas moins à la découvrir. C’est cette participation passive qui étonne. »

La Difficulté d’être – Jean Cocteau


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Hommage au génie de Cocteau

 » Je me cherchais, je croyais me reconnaître, je me perdais de vue, je courais à ma poursuite, je me retrouvais, hors d’haleine. »

 » Tel je suis, englué de charmes. Prompt à m’éblouir. J’appartiens à la minute. »

 » Il me faut éviter le ceci, les cela. Éviter l’image. Éviter d’y dépeindre et de n’y pas dépeindre. Éviter le sens exact et l’inexactitude. Le mou, le sec. Ni long, ni bref. Propre à frapper l’œil, l’oreille, l’intelligence. »

 » Minutes délicieuses dont je souffre et que je n’échangerais contre rien. »

 » La perche est vite tendue et vite prise, l’auteur oublié. Le navire dérive et tourne à l’épave. Si les comédiens écoutent ces sirènes, le drame devient mélodrame, le fil qui reliait les scènes se casse. Le rythme est perdu. »

« Le souffle qui m’habite je le connais mal, mais il n’est pas tendre. Il se moque des malades. Il ignore la fatigue. Il profite de mes aptitudes. Il veut donner sa part. Ce n’est pas inspiration, c’est expiration qu’il faut dire. Car le souffle vient d’une zone de l’homme où l’homme ne peut descendre. »

 » De tous les problèmes qui nous embrouillent, celui du destin et du libre arbitre est le plus obscur. Quoi ? La chose est écrite à l’avance et nous pouvons l’écrire, nous pouvons en changer la fin ? La vérité est différente. Le temps n’est pas. Il est notre pliure. Ce que nous croyons exécuter à la suite, s’exécute d’un bloc. Le temps nous le dévide. Notre œuvre est déjà faite. Il ne nous reste pas moins à la découvrir. C’est cette participation passive qui étonne. »

La Difficulté d’être – Jean Cocteau

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