Le Livre des Coïncidences

« Il existe un moyen de regagner la joie et l’enthousiasme d’un potentiel infini.

Tout ce qu’il faut pour cela est une compréhension de la véritable nature de la réalité,

le désir de reconnaître l’interconnexion et l’inséparabilité de toute chose. »

Le Livre des Coïncidences – Deepak Chopra

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Je traverse en ce moment une période assez surprenante de ma vie où tout semble se mettre en parfaite corrélation autour de moi.

Intriguée par ce phénomène dit de « synchronicité » qui m’accompagne jour après jour – depuis plusieurs semaines déjà -

j’ai eu envie d’étudier la question ; c’est ainsi que j’ai découvert  »Le Livre des Coïncidences » de Deepak Chopra .

Peu importe l’avis négatif qu’ont certains sur son travail, je suis disposée à écouter sur un même pied d’égalité le point de vue d’un prix nobel comme celui d’un criminel.

Par ailleurs, plus les années passent et plus il m’est difficile d’émettre une opinion globale et indélogeable sur une personne ou sur son oeuvre car je ne supporte pas qu’on le fasse avec moi.

J’accepte volontiers d’adhérer à certains passages de son livre et d’en négliger d’autres, j’ai confiance au fait que ce qui doit faire écho fera écho et le reste suivra tranquillement son chemin. Je souffre d’entendre parfois les gens émettre certaines opinions comme si elles étaient des vérités immuables et j’essaie d’appliquer à moi-même ce que je ne peux infliger aux autres, c’est à dire de ne pas avoir nécessairement d’opinion sur tout et d’essayer ainsi de rester ouverte à l’expérience et de laisser transparaître une vérité un peu plus transcendantale que la houle et l’écume de ma pensée quotidienne.

La vie est un mystère absolu et tandis que je vois autour de moi les gens vieillir et se raidir dans des convictions ou du scepticisme,

je me sens au contraire de plus en plus ouverte et ébahie face à ce mystère qui m’entoure et qui m’habite.

La vie est un immense terrain d expérimentation. Je suis mon propre cobaye et j’observe tous les jours, inlassablement, ce qui m’échappe.

Je puise dans tout ce que je peux pour essayer de percer le mystère de la vie, de l’humain, mais parfois j’observe le simple fait d’être. Et d’appartenir à ce Tout.

Ce sont ces allers-retours entre le compréhensible et l’incompréhensible, le palpable et l’impalpable qui me permettent parfois de me glisser

au delà du principe de dualité dont nous sommes si friands. Et qui est pourtant si destructeur pour l’humanité.

Depuis toujours, la justice et la vérité sont une obsession chez moi. En ce qui concerne la justice, bien que la colère me monte très rapidement face à une situation qui me semble injuste,

et qu’il m’est arrivé de nombreuses fois de plonger dans un désarroi absolu face la cruauté de certaines situations, j’ai compris que je ne pouvais malheureusement pas grand chose à cela,

hormis le fait de ne pas créer de drames inutiles ou de ne pas prolonger une expérience difficiles en un souvenir douloureux.

Quand à ma quête de la vérité, depuis que je me sens plus en accord avec mon être interieur – mes envies, mes contradictions, mes limites, mes rêves, mes absences, ma vibration,

ma présence au monde, ma voix, mon corps, mes fragilités, ma folie, ma sagesse – je continue d’essayer de comprendre ce qui nous relie les uns aux autres, ce qui nous dépasse et des éléments de réponses semblent me parvenir.

Après avoir connu des années d’errance à me sentir seule et incomprise, de ne pas voir la lumière au bout du tunnel, je réalise que cette lumière était toujours là et que cette lumière est aussi la pénombre et que nous sommes tous cette lumière et cette pénombre. Or nous vivons inlassablement dans un monde divisé qui nous morcèle, je parle de celui que nous avons créé, et qui nous tire vers la gravité, l’ennui ou le « vide ». Comprendre le monde réel (non pas l’illusion dans laquelle nous vivons mais le monde tel qu’il est) me demande certes de l’analyse, de la réflexion, mais surtout du lâcher prise, du recul sur ce que j’ai toujours connu, sur ce qui m’a toujours été inculqué. Je me dois d’effectuer un nettoyage interieur régulier de mon intellect afin qu’il ne pollue pas la pureté du processus d’observation et d’expérimentation par des interprétations désuètes.

Mais j’ai une chance inouïe, celle d’avoir une conscience aiguisée. Depuis mon plus jeune âge, je sens que quelque chose est, sans que j’ai à faire quoi que ce soit.

Mais voilà, lorsque l’on est enfant et que l’on constate que notre compréhension du monde n’a rien à voir avec ce qui est vécu par l’entourage, le premier réflexe est de se dire qu’on est fou – ou bête. Or aujourd’hui, ce que j’étais enfant « sans faire exprès » reviens en très grande force balayer des années de travail à essayer de me cacher, de me déguiser en tel ou tel personnage social, en telle ou telle image de la femme, en telle ou telle image de l’humain (ex : je suis une intellos, je suis une femme enfant, je suis une fille de bourgeois, etc …).

Une sorte de simplicité et de franchise vient s’emparer de mon rapport intime entre moi et moi, je ne sens plus de jugement ni de scission à l’intérieur de moi

et lorsque je l’éprouve, je peux enfin déterminer à quel point cette scission est le fruit de mon imagination et du jugement dans lequel nous baignons malgré nous en permanence.

Ce monde que nous avons créé et qui peut parfois rendre fou et malhonnête vis à vis de notre Dieu intérieur, nous devons apprendre à en faire partie sans le faire nôtre.

En abordant « Le Livre des Coïncidences » de Deepak Chopra, je craignais encore une interprétation erronée du monde, ces schémas habituels de grands penseurs un peu incompréhensibles

ou tellement limpides qu’ils sont tombés dans une forme de vulgarisation et résolution simpliste de nos éternelles interrogations.

Car comment parler d’une vérité qui n’est pas saisissable, verbalisable, quantifiable, qui ne peut même pas être située entre l’infiniment grand et l’infiniment petit ?

Je conçois que certains scientifiques ne supportent pas la vulgarisation de leurs travail, étant donné que l’on aborde des sujets tels que la physique quantique

et que l’on envisage l’espace temps au delà de sa vision habituelle tridimensionnelle ; cet éternel conflit entre rendre le raisonnement  accessible à tous mais vulgariser le propos

ou tenir un discours opaque et avoir le sentiment que seule une élite cultivée peut comprendre et que donc cela fait sens… De ma petite expérience, les gens les plus intelligents et incroyables que j’ai rencontrés étaient limpides dans leurs discours mais mystérieux ; ouverts, accessibles mais insaisissables.

Et ils communiquaient ce mystère au delà des mots, dans leurs yeux, leur sourire, leur respiration.

Je trouve dommage qu’il existe encore une telle scission entre la Spiritualité et la Science.

Il est pourtant évident que nous réfléchissons tous sur les mêmes sujets de fonds, il serait temps de nous prendre la main pour aller plus loin.

Sans rappeler que les grands penseurs d’autrefois avaient justement plusieurs cordes à leur arcs afin d’être plus à même de cerner le mystère de la vie.

Fort heureusement un phénomène de mode aujourd’hui favorise l’échange entre les scientifiques, les artistes, les sportifs et les grands penseurs.

Ceux qui cherchent des réponses par l’instinct et le corps de façon empirique peuvent désormais échanger avec ceux qui élaborent des théories par le biais de leur esprit et de leur imagination. Les médecins travaillent de pair avec les magnétiseurs dans la guérison du cancer, les scientifiques étudient les fréquences musicales avec l’aide des artistes, etc… Certains diront qu’une vulgarisation de ces sujets complexes rend l’échange inutile ou erroné du fait qu’il y a un discours biaisé dès le début même de l’échange. Mais tout discours est biaisé puisque nous utilisons tous des mots pour nous exprimer et que nous en avons chacun une interprétation qui nous est propre et un degré de réactivité à certain d’entre eux qui n’est pas le même. Je ne peux donc pas être en accord avec cette critique (ou cette crainte) car j’observe dans le domaine de la création que le mystère qui nous échappe n’est pas loin de nous mais en nous, et que nous partageons tous un langage commun, au delà des mots. Ce langage commun peut être pressenti lorsque plusieurs grands penseurs / voyageurs communiquent entre eux, il faut simplement avoir l’intelligence de ne pas nous arrêter sur les termes employés qui sont – je le rappelle – de maigres supports comparativement à l’échange non verbal que nous avons tous les uns avec les autres.

Les mots cloisonnent, les mots emprisonnent, les mots figent et formatent nos esprits.

                     Ceci est un arbre.

Désormais, lorsque je vois un arbre je me dis « voici un arbre » mais que signifie « arbre » ? La sonorité du mot nous donne déjà une impression erronée de l’objet.

Et le fait de définir l’objet nous coupe de sa saveur ou de la vibration qui en émane. Et un arbre est – il similaire à un autre arbre ? Non, l’expérience est à chaque fois nouvelle.

Et même avec le même arbre l’expérience est nouvelle à chaque instant puisque tout est en mouvement tout le temps, je ne suis donc jamais face à la même expérience,

et mon corps change aussi à chaque seconde donc même si l’arbre restait inchangé, mon expérience serait différente puisque je suis en évolution permanente

et que j’appartiens également à ce mouvement permanent de tout.

Il n y a que mon esprit qui cloisonne – et mon instinct de survie qui s’abrite inlassablement dans ce qu’il connaît. Dans ce qu’il croit connaitre.

Puisqu’à défaut de savoir nous ne pouvons que croire, autant croire à ce qui nous permet de créer un champ large d’expérimentation.

Mais voilà, cela peut être interprété de tant de façons différentes. Tout cela n’a aucun sens si l’expérience vécue n’est pas reliée à notre être profond.

Tant de gens vivent sans se sentir vivants. Tant de gens se retiennent de vivre. Tant de gens vivent en dehors du rythme naturel des choses, refusant l’arythmie.

Ne voyant pas l’incroyable rythme de l’univers derrière ce semblant d’arythmie.

Il y a quelque chose en moi qui observe et qui est porteur de vérité, depuis le début de ma quête.

Il y a quelque chose en moi qui vit, malgré moi. Je pourrais l’ignorer. Je l’ai déjà fait… Je peux vivre avec aussi. Décider de lui faire confiance.

Tout ce que je fais, tout ce que je m’empêche de faire – sans le prendre en considération – peut me mener à ma perte.

N’entends tu pas la petite voix en toi qui te dis  » Lâche, oublie, relâche, accepte, découvre, chante, danse, aime, vis. »

Le chemin intérieur est le seul qui importe.

C’est une obsession que j’ai depuis toujours.

Tout ce qui ne sort pas de ma compréhension charnelle et spirituelle du monde ne m’intéresse pas;

Une théorie m’intéresse si je la lis après l’avoir expérimentée dans ma vie.

Mais je ne peux en aucun cas adhérer à quelque chose de conceptuel puis le faire mien.

Ou bien je le fais par jeu. Ou parce que je me suis abandonnée. Ou bien parce qu’il faut passer par là pour relâcher ensuite. Je pense à la théorie musicale.

Mais au fond, il y a ce guide qui est là et plus je lui fais confiance plus ma vie semble prendre une tournure qui m’échappe mais qui me rend heureuse.

Et les synchronicités s’enchaînent les unes après les autres. Et j’appartiens à ce miracle quotidien, sans aucun effort.

Le rapport à la tristesse aussi à évolué. Je ne retiens plus. Je suis triste, je pleure. Je veux mourir, je le crie aux nuages.

Puis je reviens dans un état de quiétude assez rapidement. Car finalement j’avais simplement besoin de crier, de m’exprimer, d’accepter le nuage qui me traversait.

Il est difficile de concevoir nos paradoxes, encore plus de concevoir ceux qui constituent la sève de notre existence.

Dans ma quête de vérité, je me suis vite retrouvée prisonnière de schémas. Et je croyais être en dehors alors que j’était en plein dedans.

Peut être que même aujourd’hui – à l instant où je vous parle – je crois que je suis en dehors alors que je suis dedans – ou à côté.

La liberté n’est pas de faire ce que je veux quand je le veux. La sagesse n’est pas de se couper du monde.

La contemplation n’est en aucun cas une forme de passivité. L’action n’est pas nécessairement de l’expérimentation.

La générosité  ne signifie pas  de tout donner. L’intelligence n’est pas d’être cultivé ou intellectuellement irréprochable.

Dieu que je m’ennuie face à un esprit qui semble avoir fait le tour de lui même et qui s’en satisfait.

Pour être honnête, cela m’attire dans un premier temps. Le fantasme d’avoir tout saisi, tout compris.

Cela rassure la petite fille insécure qui est en moi et qui toque parfois au carreau de ma fenêtre intérieure « hey je suis là, rassure moi.  »

Puis cela m’ennuie. Car je sais que la vie est bien plus vaste. Vaste et si proche de moi, en moi, autour de moi. Et ce qui est rassurant est bien plus grand,

bien plus enveloppant que nos maigres repères élaborés. Malgré le fait qu’on ne puisse pas le verbaliser. C’est ainsi que j’imagine le vrai Amour.

Parfois,  je me sens en connexion avec monde entier,  je me sens pleine, entière, rassasiée. Et si proche de tout et de tout le monde.

Mon coeur est inondé et je me sens comme étant la soeur de tous les humains, animaux, végétaux, objets en plastiques en bois ou en papier, je ne fais qu’un avec l’air , la mer, la pluie…

Puis je retourne à mes pensées. Ou à mon absence de pensée. Je noie mon esprit dans des sujets de pacotilles. Je lui fais croire qu’il réfléchit.

Mais en réalité je frôle le mystère de la vie à chaque seconde de mon existence.

Je vis cela comme une bénédiction, jour après jour, et même si parfois il m’arrive encore de vouloir disparaître et ne plus appartenir à ce monde malade car scindé de toutes parts,

je reviens doucement à moi, à cette quiétude intérieure et je retrouve ma route, je continue d’arpenter mon chemin.

Depuis que j’ai arrêté de me considérer comme un être unilatéral, je vis chaque instant de ma vie comme un extraordinaire voyage.

J’habite depuis 12 ans dans le même appartement et pourtant c’est un des lieux dans lequel j ai l’impression d’avoir le plus voyagé de toute ma vie.

Ma demeure intérieure est précieuse. Je la chéris. Et si parfois je me sens vide ou seule, c est parce que mes yeux sont bandés. L’amour est là. Partout.

J’aime sans réfléchir et sans plus exiger de retour.

Alors que faire quand mon coeur me pousse vers une personne et que mon esprit me dit « c’est lui, c’est l’homme de ta vie », suis-je encore dans un leurre ?

Ou existe-t-il réellement des âmes auxquelles nous sommes connectés à tout jamais ?

Je voudrais partir au bord de l’océan, m’asseoir et regarder les vagues par milliers naître et mourir à mes pieds.

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« Il n ‘y a vraiment aucune frontière entre nous-mêmes et tout le reste du monde. »

 

 

 

 

Je vais vous dire une chose étrange. Lorsqu’une personne autour de moi disparaît, je me sens plus proche d’elle que lorsqu’elle est vivante.

De notre vivant, nous avons nos objectifs, nos impératifs, nous sommes divisés en mille morceaux et nous scindons notre rapport aux autres.

Lorsqu’une âme est libérée de cela, je la sens plus proche de moi.

 

 


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    Alors, je marche, avec cette douleur dans la poitrine que je porte comme une fatalité. Et si je mourais aujourd’hui ? Quelqu’un regretterait-il de ne pas m’avoir assez connue ? De ne pas s’être suffisamment abreuvé de ma joie ? De ne pas avoir pansé mes blessures ? Tous les espoirs que j’ai frôlés, je les ai nourris, cultivés. Toutes les peines que j’ai croisées, je les ai inondées de ma tendresse. Ou de mon idéalisme méprisant. Maladroite, excessive, mais aimante. Incroyablement aimante. Pourquoi est-ce si inconcevable , et presque honteux, pour les gens ? Pourquoi ai – je l’impression de vivre entourée de spectres ? Alors, je marche, avec ces cicatrices qui me tirent le cœur. Je sens mon corps de plus en plus léger et la douleur de plus en plus grande. Je me concentre sur les publicités. Je prends un air détaché pour me donner du courage. Je simule le bonheur à défaut de l’éprouver. La douleur devient poignante. Je n arrive plus à respirer. Ça va passer. Continue à marcher. Je vois tout s éclaircir autour de moi, j’ai l’impression que tout le monde me sourit, mais je ne sens plus mon corps. Et j ai mal au coeur. Un dernier fourmillement aux mains … Et je m’écroule.
    Mon corps est au sol. Un enfant pleure, et les gens s’avancent d’un pas hésitant. Que faire ? La ramasser ? Appeler les pompiers ? Les gens commencent à encercler mon corps. Comme un nuage, ma conscience flotte dans les airs et je vois toute la scène de haut. Tous ces gens qui se bousculent, pour voir… et ceux qui longent les murs. D’un pas pressé. Pressant. Tiens, j’en vois un, le bonnet enfoncé jusqu’aux yeux. L écharpe remontée jusqu’au nez. Quelques mèches de ses cheveux s’échappent de ce fourbi laineux. Je reconnais cette allure. C est lui. C est lui ! L’ homme auquel j’aurai aimé faire le plus sincère de tous mes aveux, auquel j’aurai offert mon dernier  » je t aime  » avant de mourir. Il esquive la flopée de badauds et se dirige, d’un pas fuyant mais qui se veut détaché, vers sa rame de métro. Il jette un coup d’œil furtif au corps. Un temps. Il s arrête et se retourne lentement vers moi. Ses yeux percent la foule et se posent directement sur mon visage. Il me reconnaît.
    D’un coup, sa mâchoire, verrouillée depuis trop longtemps, se relâche. Il s’accroche à son voisin qui, se croyant agressé, lui donne un coup de coude. Il tangue. Il ne sent plus ses pieds. Il vacille. Il a froid. Puis chaud. Puis les deux en même temps. A ce moment, une force surhumaine l’emplit, des pieds à la tête, une de ces forces célestes puisées au coeur de la terre. Il se déracine du sol, se jette sur mon corps, prends mon poult, essaie de me redonner la vie. Méticuleusement. Mais il demeure impuissant. Impuissant. Un immense sentiment de rage l’envahit alors. Il grogne, il bave, il respire fort et vite. Tout individu qui tente de l’approcher se trouve propulsé 3 mètres plus loin. Il hurle. Les gens s’écartent. Ils comprennent qu’ils ne peuvent pas comprendre. Ses yeux se posent à nouveau sur mon visage. D’une infinie douceur, il caresse ma joue. Mon front. Mon menton. Le tour de mon visage. Il effleure mes lèvres. Un temps. Il les regarde. Puis il se penche et m’embrasse. Il éprouve une telle tendresse mêlée à tant de détresse qu’il jette des regards hagards tout autour de lui. Il cherche un point d’accroche près de lui. En lui. Mais rien. Plus rien ne le retient ici. Il veut mourir. Il décide alors de bloquer sa respiration. Et il attend. Il attend de s’étouffer. Il suffoque, il rougit, il gesticule, les gens veulent l’aider mais il se débat et les propulse toujours plus loin. Et continue d’arrêter de respirer. Les veines de son front apparaissent, les vaisseaux de ses yeux explosent, ses lèvres se dessèchent. Il sent son pouls toujours plus fort battant dans ses tempes. Une douleur immense inonde ses poumons. Il commence à sentir sa mort arriver, se tourne vers mon corps, sourit, ses yeux se révulsent et il s’écroule.
    Aucun témoin ne reportera cette histoire. Suite à cette scène, chacun rentra chez soi. Silencieux. Ou parti exprimer son amour à un être d’exception. Et moi, du haut des airs, je contemple la mort de nos deux corps abîmés, et je sens en moi chacune de mes cicatrices qui se referment. Mon âme sauvée, désormais unie à jamais à celui qui m’a guérie, s’envole alors sereinement vers l’éternel recommencement.  »

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