La paresse n’existe pas

La paresse n’existe pas. L’oisiveté, oui. C’est un train de vie, assumé ou non.
La paresse, telle qu’on l’entend, n’existe pas.
Et si elle existe, ce n’est pas un défaut.
C’est une souffrance.
Ne pas réussir à passer à l’acte.
Être bloqué. Le nez sur une vérité absolue. Ou suspendu au-dessus d’un abîme.
De ce qu’on nomme le vide, le néant.
Être prisonnier d’un système de pensée généralisé.
D’un schéma de pensée désuet.
La triste conviction que tout acte est vain car inutile.
Sentiment profond d’impuissance.
Époque damnée où la surproduction matérielle et humaine bat son plein.
Ce n’est plus la loi du plus fort qui régit ce monde.
Non, c’est la loi du plus con. C’est pire.
La loi de celui qui court le plus vite vers sa mort.
Paresse ? Peur de la mort. Mieux, conscience de la mort.
Chaque accomplissement est une petite mort.
Un doux rapprochement vers l’inéluctable.
Comment en vouloir à ceux qui en ont conscience et tentent désespérément de freiner le temps ?
Ceux qui se tétanisent dans leur langueur ?
L’homme bruyant ne dérange personne.
C’est l’homme silencieux qui fait peur.
Celui qui ne dit rien car il sait qu’il ne peut rien contre la nature.
Qui ne se prend pas pour Dieu en cherchant à imiter ou à améliorer.
Celui qui ne sent plus.
Celui qui ne sait pas encore épouser l’univers.
Celui qui se fige, apeuré, refusant ce que l’homme a nommé mouvement.
Observant ceux qui se méprennent, qui font du bruit, qui forcent les choses.
Celui-là force mon admiration.

 


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